Bruno Le Maire candidat en 2027 ? « Peut-être que ça viendra »
Sept ans à Bercy, plus de 1.000 milliards d’euros de dette publique supplémentaire et, désormais, peut-être l’Élysée. Interrogé sur LCI sur une candidature présidentielle, Bruno Le Maire a fini par reconnaître : « Bien sûr que j’y réfléchis. » L’ancien ministre assure toutefois vouloir « laisser le temps faire ».
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Bruno Le Maire reconnaît désormais réfléchir à une candidature présidentielle : « Bien sûr que j’y réfléchis. » Après sept ans à Bercy et plus de 1.000 milliards d’euros de dette supplémentaire, l’ancien ministre propose un « changement complet de modèle français ».
Il n'était jusqu'ici pas candidat. Il était simplement un ancien ministre de l'Économie publiant un manifeste, proposant un « changement complet de modèle français », multipliant les interventions médiatiques et détaillant les mesures qu'il appliquerait pour redresser le pays. Face à Margaux Haddad sur LCI, Bruno Le Maire a finalement reconnu l'évidence : oui, il réfléchit à une candidature à l'élection présidentielle.
La journaliste venait de lui faire remarquer qu'après une demi-heure d'entretien consacrées à exposer son programme, il devenait « difficile de croire » qu'il ne préparait pas une candidature. « Il faut être comme saint Thomas. Il faut croire ce qu'on voit. Vous avez en face de vous une personnalité politique qui n'a pas déclaré sa candidature », répond d'abord l'ancien ministre.
« Pas encore », lui lance Margaux Haddad. Bruno Le Maire reprend alors lui-même la formule : « Pas encore. Peut-être que ça viendra, peut-être que ça ne viendra pas. »
🔴 Bruno Le Maire candidat en 2027 ? "J’y réfléchis", répond l’ancien ministre de l’Économie pic.twitter.com/7D1MTCajUK
— LCI (@LCI) September 13, 2026
« Bien sûr que j'y réfléchis »
Il ne faudra pas beaucoup plus longtemps pour que l'ancien locataire de Bercy reconnaisse que l'hypothèse est sérieusement envisagée. « Donc vous y pensez, vous y réfléchissez ? », insiste Margaux Haddad.
« Bien sûr, bien sûr que j'y réfléchis, bien sûr que j'écoute ce que me disent les Français sur mon projet », répond Bruno Le Maire.
L'ancien ministre refuse cependant d'aller jusqu'à l'annonce d'une candidature. « Je trouve qu'on prend trop à la légère ce qu'est une candidature. C'est une décision qui est grave, une décision qui est intime, c'est une décision qui est lourde », explique-t-il. Elle ne devrait être prise, selon lui, que si son projet convainc les Français et si « les circonstances sont réunies ».
Comment compte-t-il le déterminer ? « Laissez le temps faire », répond-il.
Bruno Le Maire n'est donc pas candidat. Mais il possède un projet, le présente publiquement, écoute ce que les Français en pensent et reconnaît réfléchir à se présenter. La nuance subsiste encore, au moins formellement.
Sept ans à Bercy avant de vouloir « changer complètement de modèle »
L'ironie est d'autant plus difficile à manquer que Bruno Le Maire ne se présente pas comme un nouveau venu désireux de rompre avec un système auquel il serait étranger. Il a été ministre de l'Économie et des Finances sans interruption de mai 2017 à septembre 2024, soit pendant la quasi-totalité de la présidence d'Emmanuel Macron jusqu'à la dissolution.
Il propose pourtant aujourd'hui un « changement complet de modèle français ».
Lorsqu'Emmanuel Macron arrive à l'Élysée, la dette publique française s'établit à environ 2.281 milliards d'euros à la fin de l'année 2017. À la fin de 2024, après sept années de Bruno Le Maire à Bercy, elle atteint 3.303 milliards d'euros : plus de 1.000 milliards supplémentaires.
Une part importante de cette hausse s'explique naturellement par les crises exceptionnelles traversées pendant cette période, au premier rang desquelles la pandémie de Covid-19, le « quoi qu'il en coûte », la crise énergétique et les conséquences de la guerre en Ukraine. Bruno Le Maire n'a donc évidemment pas creusé seul un trou de 1.000 milliards d'euros dans les comptes français.
Reste qu'en 2024, sa dernière année à Bercy, le déficit public atteignait 5,8 % du PIB et la France était replacée sous procédure européenne pour déficit excessif. La Cour des comptes avait ensuite qualifié 2024 d'« année noire » pour les finances publiques.
Après les leçons de rigueur, l'Élysée ?
Le contraste était déjà saisissant à la fin du mois d'août. Invité sur BFMTV, Bruno Le Maire réclamait une « règle d'or » inscrite dans la Constitution afin de contraindre les responsables politiques à équilibrer les comptes publics.
« Je le redis, j'en ai été le témoin, si vous n'avez pas cette règle constitutionnelle, de toute façon les partis politiques ne veulent pas le rétablissement des comptes », expliquait alors celui qui avait dirigé pendant sept ans le ministère précisément chargé de ces comptes.
Il se présente désormais avec une ambition plus vaste encore : non plus seulement expliquer comment la France devrait retrouver la discipline budgétaire, mais proposer un « changement complet de modèle français ». Et éventuellement l'appliquer lui-même depuis l'Élysée.
Bruno Le Maire n'a pour l'instant rien annoncé. Il peut encore décider de ne pas concourir et rappelle à raison qu'une candidature présidentielle ne se décide pas sur un plateau de télévision. Mais une chose a changé : il ne cherche désormais plus vraiment à cacher qu'il y pense.
Après sept années à Bercy, plus de 1.000 milliards d'euros de dette publique supplémentaire et quelques mois passés à expliquer comment la France devrait désormais changer de méthode, Bruno Le Maire envisage donc de demander aux Français de lui confier l'étape suivante. Pour savoir s'il ira jusqu'au bout, l'ancien ministre a une méthode : « Laissez le temps faire. »