« Prendre à l’un sans toucher trop à l’autre » : Isabelle Saporta se moque du grand jeu fiscal de Bercy
Retraites, entreprises, épargne salariale ou plus fortunés : sur TF1, Isabelle Saporta s’est moquée des multiples pistes fiscales testées par le gouvernement avant le budget. À quelques mois de la présidentielle, elle compare l’exercice à l’art de « plumer l’oie » en provoquant « le moins possible de cris ».
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Sur TF1, Isabelle Saporta raille les multiples pistes fiscales testées avant le prochain budget. Retraités, entreprises, hauts revenus ou salariés : « Quelle oie va crier le plus fort ? », demande-t-elle à quelques mois de la présidentielle.
À force de multiplier les pistes avant même de présenter son budget, le gouvernement finirait-il par chercher moins la bonne mesure que le contribuable qui protestera le moins ? C’est, en substance, la lecture particulièrement mordante livrée lundi matin par Isabelle Saporta dans Bonjour ! sur TF1.
La chroniqueuse est revenue sur les différentes hypothèses qui circulent autour du prochain budget et sur les déclarations de Roland Lescure dans Le Parisien. Retraites, abattements fiscaux, entreprises, hauts revenus ou épargne salariale : à ses yeux, Bercy se livre désormais à un gigantesque jeu de pistes pour déterminer « qui va payer, combien » et surtout « dans quelle poche on va piocher ».
« Il est où le pognon ? Il est où ce fameux pognon dont le gouvernement a besoin pour faire tourner le pays ? Ben dans nos poches », lance-t-elle.
Colbert le disait déjà au roi Louis XIV : « L'art de l'imposition consiste à plumer l'oie pour obtenir le plus possible de plumes avec le moins possible de cris. »
— Isabelle Saporta (@isabellesaporta) September 14, 2026
Reste à savoir quelle oie va crier le plus fort, à quelques mois d'une présidentielle. https://t.co/O8fKeCkSsk
« Prendre à l’un sans toucher trop à l’autre »
Pour Isabelle Saporta, le problème politique est évident : les Français voient déjà augmenter l’essence, l’alimentation et les taux d’intérêt et surveillent donc avec une attention particulière les nouvelles mesures qui pourraient directement atteindre leur pouvoir d’achat.
Le gouvernement le saurait parfaitement. « Dans un Tetris assez improbable, ils cherchent comment prendre à l’un sans toucher trop à l’autre, en rognant ici, là, sans que ça se voie trop », résume la chroniqueuse, qui compare l’élaboration du budget à un « Cluedo grandeur nature ».
Elle tourne notamment en dérision les multiples hypothèses évoquées autour des pensions. « On désindexe les retraites, mais pas toutes, ou peut-être qu’on les sous-indexe, qu’on les indexe différemment, à moins qu’on rogne l’abattement de 10 % tout en épargnant les petites retraites », énumère-t-elle.
À force de voir les scénarios se succéder, Isabelle Saporta pose la question en des termes beaucoup moins technocratiques : « Vous n’avez rien compris, c’est pour se demander si c’est pour mieux nous tondre qu’ils cherchent à nous donner le tournis. »
Elle réserve également une pique à Roland Lescure, qui affirmait ne pas vouloir « matraquer les retraités ». « Il aurait été plus juste, monsieur le ministre, de nous dire : pas que les retraités », rétorque-t-elle.
« Quelle oie va crier le plus fort ? »
La chroniqueuse reconnaît toutefois la logique politique de ces multiples « ballons d’essai » : tester une mesure, observer les réactions puis déterminer jusqu’où le gouvernement peut aller avant de trancher.
C’est alors qu’elle convoque une formule traditionnellement attribuée à Colbert : « L’art de l’imposition consiste à plumer l’oie pour obtenir le plus possible de plumes avec le moins possible de cris. »
À quelques mois de l’élection présidentielle, reste donc à déterminer, selon elle, quelle catégorie d’électeurs acceptera le moins docilement de laisser quelques plumes au passage.
« Reste à savoir quelle oie va crier le plus fort », lance Isabelle Saporta : celle des retraités, qui représentent quelque 18 millions de Français et votent massivement ; celle des entreprises, qui « fait l’emploi » ; celle des « super-riches » ; ou encore celle des salariés, notamment à travers l’épargne salariale, même si le Premier ministre a assuré qu’elle ne serait pas touchée.
Derrière la plaisanterie se trouve une difficulté beaucoup plus sérieuse : comment rétablir les comptes sans augmenter encore la pression sur des contribuables français déjà particulièrement sollicités ?
« Le problème, c’est que le coq français fait déjà grisbi à côté de ses voisins européens et personne, pour l’instant, ne sait comment le requinquer sans plumer davantage les oies, puis le peuple », conclut-elle.
Sur le plateau, la métaphore aura finalement dérivé du Cluedo au « jeu de l’oie ». Mais la question posée par Isabelle Saporta reste la même : lorsque le gouvernement aura terminé de tester toutes ses hypothèses, il faudra bien déterminer qui réglera effectivement la note.