Flexi-jobs : le CD&V veut interdire le cumul pour les malades de longue durée
Le CD&V veut empêcher les personnes en maladie de longue durée de commencer un flexi-job après leur incapacité de travail. Le parti estime que certains cumuls avec les allocations créent des situations injustes et souhaite fermer une « faille » du système.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Le CD&V veut limiter le cumul entre allocations maladie et flexi-jobs.
- Plus de 8.000 Belges exerceraient actuellement un flexi-job tout en percevant une allocation.
- Les personnes déjà actives en flexi-job avant leur maladie pourraient continuer sous conditions.
- Le ministre de l’Emploi David Clarinval attend une évaluation du système d’ici fin 2026.
Le CD&V veut mettre fin à une possibilité aujourd’hui autorisée en Belgique : cumuler une allocation de maladie de longue durée avec un flexi-job fiscalement avantageux. Une proposition de loi a été déposée en ce sens par la députée fédérale Nathalie Muylle.
Selon des informations révélées en début d’année par HLN, plus de 8.000 Belges bénéficiant d’une allocation — pour maladie, chômage ou congé de soins — exercent actuellement un flexi-job exonéré d’impôts. Le système est parfaitement légal, mais il suscite de plus en plus de critiques politiques.
Le CD&V estime que certaines situations créent un déséquilibre par rapport aux travailleurs à temps plein. Dans certains cas, une personne en incapacité de travail qui exerce un flexi-job un jour par semaine peut presque atteindre le revenu d’un salarié travaillant à temps plein.
Aujourd’hui, les personnes reconnues en incapacité de longue durée peuvent débuter un flexi-job à condition d’obtenir l’accord d’un médecin et d’avoir travaillé au moins quatre jours par semaine auparavant. Contrairement aux chômeurs ou aux personnes en congé de soins, elles ne sont pas soumises aux mêmes restrictions pour exercer une activité complémentaire.
Le texte défendu par Nathalie Muylle prévoit toutefois une nuance importante : les personnes qui exerçaient déjà un flexi-job avant leur arrêt maladie pourraient continuer à le faire de manière limitée. En revanche, il ne serait plus possible de commencer un nouveau flexi-job après être entré dans le régime de maladie de longue durée.
Pour le CD&V, l’objectif est d’éviter que certains malades de longue durée restent durablement dans le système d’allocations parce que le cumul avec un flexi-job est financièrement plus intéressant qu’un retour progressif vers un emploi classique.
Le débat intervient dans un contexte particulier : à partir du 1er juillet, le régime des flexi-jobs sera étendu à l’ensemble des secteurs. Une évolution qui inquiète la députée chrétienne-démocrate, qui craint une hausse importante du nombre de malades de longue durée actifs sous ce statut.
Le ministre fédéral de l’Emploi, David Clarinval, s’est montré ouvert à une réflexion sur le sujet. Il préfère toutefois attendre une évaluation du système d’ici fin 2026 avant d’envisager d’éventuelles mesures contre les abus liés au cumul entre allocations et flexi-jobs.