France : Près de 2.000 décès supplémentaires pendant la semaine de canicule
La semaine la plus intense de la canicule qui a frappé la France fin juin s'est accompagnée d'une hausse spectaculaire de la mortalité. Les données provisoires de Santé publique France font état d'une progression de 29% des décès, tandis que les hôpitaux et les services funéraires ont dû faire face à une pression exceptionnelle.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Les données provisoires de Santé publique France font état de 8.973 décès durant la semaine du 22 au 28 juin, soit 29% de plus que la semaine précédente. Les hôpitaux, les EHPAD, les services funéraires et les urgences ont été fortement sollicités, tandis que le bilan définitif devrait encore s'alourdir.
La France mesure progressivement l'ampleur des conséquences humaines de la vague de chaleur exceptionnelle qui a touché le pays à la fin du mois de juin. Selon les dernières données provisoires publiées par Santé publique France, 8.973 décès ont été enregistrés entre le 22 et le 28 juin, contre 6.948 la semaine précédente. Cela représente 2.025 décès supplémentaires toutes causes confondues, soit une hausse de 29% en l'espace d'une semaine.
Ces chiffres dépassent largement la première estimation communiquée quelques jours plus tôt. L'agence sanitaire évoquait alors au moins 1.000 décès supplémentaires, mais cette évaluation ne reposait que sur les trois journées les plus chaudes de l'épisode caniculaire.
Une hausse de la mortalité dans tous les lieux de vie
L'augmentation du nombre de décès ne concerne pas un seul type d'établissement. Santé publique France relève une progression particulièrement marquée des décès à domicile, qui bondissent de 91% en une semaine.
Les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) enregistrent également une hausse significative de 37%. Les décès survenus à l'hôpital augmentent, eux, de près de 20%, confirmant que l'ensemble du système de santé a subi les effets de cette vague de chaleur.
La région parisienne apparaît comme la plus durement touchée. Le rapport fait état d'une augmentation de près de 63% de la mortalité d'une semaine sur l'autre, un niveau nettement supérieur à la moyenne nationale.
Des services d'urgence confrontés à un afflux massif
Les établissements hospitaliers ont vu arriver un nombre inhabituellement élevé de patients souffrant des conséquences directes des températures extrêmes. À l'hôpital Paris-Saclay, le Dr Nicolas Gonzales, chef du service des urgences, a indiqué que les premiers afflux importants avaient débuté dès le 20 juin.
Les équipes médicales ont pris en charge des patients victimes de coups de chaleur, de déshydratation sévère, de crises cardiaques, d'atteintes rénales ainsi que d'autres complications provoquées par les fortes températures. Les urgences ont accueilli aussi bien des enfants que des personnes âgées vivant seules.
Cette pression sur les structures de soins s'est prolongée jusque dans les services funéraires. À Paris, plusieurs directeurs de pompes funèbres ont signalé des difficultés à trouver des capacités de stockage avant les inhumations ou les crémations. Certaines morgues ont indiqué être arrivées à saturation et ne plus pouvoir accueillir de nouveaux corps.
Des chiffres encore appelés à augmenter
Santé publique France rappelle que son bilan reste provisoire. Les données actuellement disponibles sont incomplètes et ne reflètent donc pas encore l'ensemble des décès survenus pendant cette période.
L'agence sanitaire prévient ainsi que le bilan définitif sera plus élevé que les premiers chiffres publiés. Les statistiques continueront d'être actualisées au fur et à mesure de la consolidation des données de mortalité.
La semaine du 22 au 28 juin correspond au pic de cette vague de chaleur exceptionnelle, marquée par des records de températures maximales et minimales dans de nombreuses villes françaises. Plusieurs autres régions d'Europe ont également connu des températures inédites durant cette même période.