Grèves de "49 minutes" dans les écoles: Valérie Glatigny juge la pratique contraire à l'esprit du droit de grève
Les « grèves de 49 minutes » organisées dans certaines écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont fait l'objet d'un débat au Parlement. Interpellée par le député MR Guillaume Soupart, la ministre Valérie Glatigny estime que cette pratique n'est « pas conforme avec l'esprit du droit de grève » et rappelle les règles applicables.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- La ministre Valérie Glatigny estime que les « grèves de 49 minutes » ne sont « pas conformes avec l'esprit du droit de grève ».
- Interpellée par le député MR Guillaume Soupart, elle rappelle les obligations des enseignants, des directions et des pouvoirs organisateurs en cas de mouvement social.
- Le député dénonce un possible détournement du droit de grève qui pénaliserait les élèves et les enseignants souhaitant assurer les cours.
La polémique autour des « grèves de 49 minutes » dans certaines écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles s'est invitée au Parlement. Interrogée par le député MR Guillaume Soupart, la ministre de l'Éducation Valérie Glatigny a estimé que ce type de pratique n'était « pas conforme avec l'esprit du droit de grève », tout en rappelant le cadre légal qui s'impose aux enseignants, aux directions et aux pouvoirs organisateurs.
Selon plusieurs témoignages relayés ces dernières semaines, certains enseignants interrompraient symboliquement leur cours après une minute avant de quitter leur poste. L'objectif serait de participer au mouvement de grève tout en évitant une retenue sur salaire, la période de cours ayant été officiellement entamée. Dans certains établissements, des rotations entre professeurs seraient également organisées afin de limiter le nombre d'enseignants officiellement déclarés grévistes.
Guillaume Soupart dénonce un « détournement » du droit de grève
À l'origine du débat, le député MR Guillaume Soupart a estimé que cette pratique dépassait le simple exercice du droit de grève.
« Si faire grève est un droit fondamental, cette pratique semble tenir plus du détournement, voire de l'abus de droit, au détriment des élèves et des professeurs désireux de continuer leur travail sereinement », a-t-il déclaré.
Le député a également évoqué un climat de tension dans certains établissements.
« Des témoignages font état de tensions au sein des équipes éducatives, entre celles et ceux désirant continuer le mouvement et celles et ceux souhaitant assurer leurs cours et permettre aux élèves d'avoir un enseignement de qualité », a-t-il expliqué.
Guillaume Soupart a demandé à la ministre si une heure de cours entamée pendant une minute pouvait légalement être considérée comme une prestation complète ouvrant droit au maintien intégral du salaire et si des consignes avaient été adressées aux directions d'école sur cette question.
« Pas conforme avec l'esprit du droit de grève », répond Valérie Glatigny
Dans sa réponse, Valérie Glatigny a pris clairement position.
« Les pratiques que vous avez mentionnées ne sont en effet pas conformes avec l'esprit du droit de grève », a affirmé la ministre.
Elle a rappelé qu'il appartient aux pouvoirs organisateurs et aux directions d'école de gérer les mouvements sociaux « dans le respect du droit de grève, mais aussi des obligations qui incombent aux directions et aux enseignants ».
La ministre a également insisté sur les obligations des établissements pendant les journées de grève. « Les écoles sont tenues d'assurer un accueil minimal des élèves présents, même lorsque les cours ne peuvent être dispensés normalement. Cet accueil vise à garantir la sécurité des élèves et leur encadrement. »
Des règles déjà rappelées dans plusieurs circulaires
Valérie Glatigny a précisé que les modalités applicables avaient déjà été rappelées aux écoles, notamment dans une circulaire du 21 mai 2026 consacrée à l'organisation des mouvements de grève.
Elle a également souligné que les absences pour grève devaient être déclarées par les pouvoirs organisateurs conformément à la réglementation en vigueur.
En dehors de l'exercice normal du droit de grève, les enseignants restent soumis à leurs obligations statutaires. Les différents statuts de l'enseignement prévoient notamment que les membres du personnel doivent assurer « les prestations nécessaires à la bonne marche des écoles » et ne peuvent interrompre leurs fonctions sans respecter les procédures prévues.
La ministre a rappelé que toute infraction peut entraîner des sanctions disciplinaires pour les enseignants nommés à titre définitif ou, pour les temporaires, un rapport d'évaluation voire une mesure de licenciement.
« J'invite tout un chacun à agir dans le cadre légal et à prendre ses responsabilités pour que les élèves bénéficient d'une fin d'année la plus normale possible, et également d'une rentrée la plus normale possible », a-t-elle conclu.
Le MR appelle à garantir la liberté de travailler
En réplique, Guillaume Soupart a estimé que les difficultés dépassaient la seule question des grèves de 49 minutes.
« Dans cette grève, malheureusement, certains agissements sont problématiques: on empêche çà et là les élèves de rentrer dans les établissements, alors que des accueils sont prévus », a-t-il déclaré.
Le député a également évoqué des « contraintes physiques » exercées sur certaines directions et membres du personnel.
Tout en rappelant que chacun est libre de faire grève, il a insisté sur la nécessité de préserver la liberté de ceux qui souhaitent continuer à travailler.
« S'il y en a qui souhaitent ne pas travailler et faire grève pour défendre, comme ils le disent, leurs droits, c'est normal, mais chacun doit être libre d'exercer son job et les jeunes doivent être libres d'assister aux cours, de passer leurs épreuves et de continuer leur parcours scolaire », a conclu le député MR.