Verougstraete reconnaît que sa taxe « crée pas mal d'émoi » et précise sa proposition
Après la vive polémique provoquée par sa proposition de taxer les grands patrimoines financiers, Yvan Verougstraete publie une longue mise au point. Le président des Engagés ouvre la porte à plusieurs aménagements, notamment pour les entrepreneurs, tout en défendant le principe de sa réforme.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Après la polémique déclenchée par sa taxe sur les patrimoines, Yvan Verougstraete précise sa proposition et ouvre la porte à plusieurs aménagements pour les entrepreneurs.
La polémique ne retombe pas. Quelques jours après avoir proposé une contribution sur les grands patrimoines financiers, le président des Engagés, Yvan Verougstraete, publie un texte destiné à clarifier sa position. Une démarche qui intervient après plusieurs réactions particulièrement critiques, dont celle du fondateur d'Odoo, Fabien Pinckaers, relayée en premier par 21News, et qui a largement alimenté le débat ces derniers jours.
Dès les premières lignes de son texte, l'eurodéputé reconnaît lui-même l'ampleur de la controverse. « Cela crée pas mal d'émoi… », écrit-il, avant de préciser qu'il ne se montre « en rien dogmatique quant aux modalités » de cette contribution.
Lien vers le billet :
Des exceptions désormais envisagées
C'est probablement la principale nouveauté de cette mise au point. Alors que la proposition initiale avait suscité de fortes inquiétudes dans le monde entrepreneurial, Yvan Verougstraete évoque désormais plusieurs pistes destinées à éviter des effets qu'il juge lui-même contre-productifs.
Notre objectif est de créer de l'équité, pas de l'inefficacité, pas de confisquer quoi que ce soit, ni de faire fuir qui que ce soit.
Yvan Verougstraete
Il cite notamment la possibilité d'instaurer « un plafond, un régime spécial pour les entrepreneurs actifs ou encore la possibilité de différer le paiement de la contribution pour ceux qui détiennent des actions peu liquides ».
« Notre objectif est de créer de l'équité, pas de l'inefficacité, affirme-t-il. Notre objectif n'est pas de confisquer quoi que ce soit, ni de faire fuir qui que ce soit. »
Ces précisions répondent directement à l'une des principales critiques formulées par Fabien Pinckaers. Le patron d'Odoo expliquait que la valorisation de ses actions l'exposerait à une contribution annuelle de plus de 30 millions d'euros, alors même qu'il ne dispose pas de liquidités correspondantes. Selon lui, la seule solution serait alors de vendre une partie de son entreprise ou de quitter la Belgique.
« Je ne suis pas devenu communiste »
Yvan Verougstraete s'attache également à répondre aux critiques politiques suscitées par son initiative.
« Contrairement à certaines caricatures ridicules qui circulent sur les réseaux sociaux, je vous rassure, je ne suis pas devenu communiste », écrit-il, refusant de présenter sa proposition comme une mesure de gauche.
Contrairement à certaines caricatures ridicules qui circulent sur les réseaux sociaux, je vous rassure, je ne suis pas devenu communiste.
Yvan Verougstraete
Selon lui, il s'agit avant tout de répartir plus équitablement l'effort budgétaire demandé aux Belges dans le cadre du vaste plan d'assainissement des finances publiques engagé par le gouvernement.
« Quand on demande un effort à toute la population, il est normal que chacun fasse sa part », résume-t-il.
Il rappelle que, selon lui, la contribution ne représenterait qu'une faible partie de l'effort global demandé au pays et concernerait uniquement les patrimoines financiers supérieurs à 500.000 euros.
Une taxe « très modeste », selon les Engagés
Dans son texte, le président des Engagés détaille à nouveau le barème qu'il défend :
- aucun prélèvement jusqu'à 500.000 euros de patrimoine financier ;
- 0,15 % entre 500.000 euros et un million ;
- 0,30 % entre un et deux millions ;
- 0,45 % entre deux et trois millions ;
- 0,60 % au-delà de trois millions.
Pour illustrer son raisonnement, il prend l'exemple d'une personne disposant d'un patrimoine financier d'un million d'euros, qui s'acquitterait selon lui d'une contribution annuelle de 750 euros.
Il défend également l'idée que les détenteurs de très grands patrimoines disposent d'une capacité importante à générer des rendements grâce à leurs actifs ou à leur capacité d'emprunt.
Le débat reste ouvert
Cette longue mise au point ne modifie pas le principe de la proposition, mais elle en précise sensiblement les contours. Là où la présentation initiale insistait surtout sur la contribution des grands patrimoines, le texte publié mercredi met davantage l'accent sur la nécessité de préserver les entrepreneurs et d'éviter toute fuite des capitaux.
Reste que plusieurs interrogations demeurent. Les modalités concrètes d'un éventuel régime spécifique pour les entrepreneurs, d'un plafonnement ou d'un paiement différé restent à définir. C'est précisément sur ces aspects que se concentre désormais le débat, après la vive réaction de plusieurs chefs d'entreprise qui redoutent les conséquences d'une taxation appliquée à des patrimoines largement constitués d'actions non cotées.
« Essayons d'avoir un débat sur le sujet qui ne verse pas dans la caricature », conclut Yvan Verougstraete, en appelant à poursuivre la discussion sur les modalités plutôt que sur le principe de sa proposition.