« Hamas est mille fois mieux qu’Israël » : l’invité vedette du PTB qui fait bondir Theo Francken
Tension maximale entre Theo Francken et Hasan Piker. Le ministre veut invoquer la nouvelle loi contre la glorification du terrorisme à l’occasion de la venue du streamer américain à ManiFiesta. Accusé d’antisémitisme, Piker lui a répondu en le traitant de « pissboy ».
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Theo Francken cible ManiFiesta et la venue de Hasan Piker en invoquant la nouvelle législation contre la glorification du terrorisme.
- Hasan Piker, figure controversée de la gauche radicale américaine, est régulièrement accusé d’antisémitisme, ce qu’il conteste.
- Le bras de fer devient personnel : après les accusations du ministre, le streamer américain a répliqué en le qualifiant de « pissboy ».
Le ton est monté de plusieurs crans entre Theo Francken et Hasan Piker. D’un côté, le ministre belge de la Défense, qui évoque la nouvelle législation réprimant la glorification du terrorisme. De l’autre, l’un des streamers politiques les plus influents des États-Unis, figure de la gauche radicale régulièrement accusée d’antisémitisme et connue pour ses déclarations explosives sur le Hamas, Israël ou encore les attentats du 11-Septembre. Entre les deux hommes, le bras de fer tourne désormais à l’affrontement personnel, à quelques jours de la venue de l’Américain à ManiFiesta, le festival organisé par le PTB.
Tout est parti d’un message particulièrement virulent de Theo Francken sur X. « Depuis le 1er septembre, le nouveau Code pénal est en vigueur. La glorification du terrorisme est désormais punissable », a écrit le ministre N-VA. Il estime que cette nouvelle disposition pourrait trouver à s’appliquer à ManiFiesta, qu’il qualifie de « festival communiste de la haine des Juifs », en visant directement deux de ses invités : le streamer américain Hasan Piker et le rappeur français Médine.
Francken reproche notamment à Piker d’avoir tenu par le passé des propos favorables au Hamas et considère qu’il pourrait profiter de sa venue en Belgique pour « glorifier le 7-Octobre ». Le ministre a ensuite précisé qu'il ne demandait ni l'interdiction du festival ni directement des poursuites : l'application de la nouvelle législation relève, insiste-t-il, de la justice indépendante.
Hasan Piker n’a pas tardé à lui répondre. Et pas sur le terrain juridique. Le streamer a ressorti sur X une ancienne image montrant Theo Francken urinant en public et l'a affublé du surnom de « pissboy ». « Les pissboys comme Theo aiment davantage MAGA et le trumpisme que leur propre souveraineté », a-t-il lancé.
L'échange résume à lui seul le fossé entre les deux hommes. Mais il intervient surtout alors que le profil de Piker suscite une controverse grandissante aux États-Unis.
11 septembre, Juifs orthodoxes...: des déclarations polémiques
Suivi par plus de trois millions de personnes sur Twitch, Hasan Piker est devenu l'une des principales voix de la gauche radicale américaine sur internet. Son influence auprès d'un public jeune lui vaut d'être courtisé par certains responsables progressistes, mais ses déclarations ont également provoqué des condamnations jusque dans le camp démocrate.
En 2019, il avait notamment affirmé que les États-Unis avaient « mérité le 11-Septembre », avant de s'excuser pour la formulation. Plus récemment, ses déclarations sur Israël, le Hamas, les Juifs orthodoxes et les Juifs américains lui ont valu de nouvelles accusations d'antisémitisme. Piker les rejette : il se définit comme antisioniste et affirme que l'antisémitisme existe et doit être combattu.
C'est précisément ce passé que Theo Francken remet aujourd'hui au centre du débat belge. Et la venue de Piker samedi à ManiFiesta, la fête du PTB, transforme désormais ce qui devait être l'intervention d'une vedette internationale de la gauche en un affrontement politique sur la liberté d'expression, l'antisémitisme et les limites posées par la nouvelle législation belge sur la glorification du terrorisme.