Hausse du prix, fin des avantages fiscaux: la Wallonie veut réformer les titres-services
Le gouvernement wallon envisage une réforme des titres-services jugés « impayables » pour les finances régionales. Hausse du prix, fin de la déduction fiscale, risques pour l’emploi : un modèle social emblématique entre dans une zone de turbulences.
Publié par Demetrio Scagliola
• Mis à jour le
Le modèle des titres-services est-il arrivé à bout de souffle en Wallonie ? Entre explosion des coûts pour les finances régionales, pénurie de personnel, hausse du prix des chèques et inquiétudes des travailleurs, le gouvernement wallon ouvre un chantier politiquement sensible. Une réforme semble désormais inévitable, mais elle fait craindre des conséquences sociales importantes pour des dizaines de milliers de ménages et de travailleuses.
Le ministre-président wallon Adrien Dolimont (MR) a reconnu mercredi sur La Première que le système actuel des titres-services « n’est plus soutenable ». Une déclaration forte qui confirme la volonté du gouvernement MR-Les Engagés d’ouvrir le débat sur une réforme en profondeur du dispositif.
Impact pour les finances de la Wallonie: 595 millions
Aujourd’hui, le système repose sur un financement massif de la Région wallonne. Pour une heure de prestation coûtant environ 30,55 euros, l’utilisateur ne paie que 10,40 euros pour les premiers titres-services, tandis que la Wallonie prend en charge plus de 20 euros par heure. Résultat : la facture publique a explosé ces dernières années.
Le cabinet du ministre wallon de l’Emploi Pierre-Yves Jeholet estime ainsi que l’intervention régionale est passée de 430 millions d’euros en 2016 à près de 595 millions en 2026, souligne Sudinfo. Une augmentation de près de 40 % en dix ans, jugée difficilement compatible avec la situation budgétaire extrêmement tendue de la Wallonie.
Les pistes: fin de la déductibilité ou 1 euro de plus?
Plusieurs pistes sont désormais sur la table. Parmi elles : la suppression de la déductibilité fiscale des titres-services — déjà abandonnée en Flandre et à Bruxelles — ou encore une augmentation du prix payé par les utilisateurs. Selon une étude d’Idea Consult évoquée en commission du Parlement wallon, les ménages accepteraient en moyenne une hausse jusqu’à 11,40 euros par titre-service, voire 11,90 euros si l’argent supplémentaire bénéficie directement aux aides-ménagères.
Mais le dossier est particulièrement sensible politiquement et socialement. Car derrière les chiffres se cache un secteur qui emploie près de 45.000 personnes en Wallonie, dont une immense majorité de femmes travaillant souvent à temps partiel. Environ 293.000 ménages wallons utilisent également le système, devenu essentiel pour de nombreuses familles, personnes âgées ou travailleurs cherchant à concilier vie privée et vie professionnelle.
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