« Il y a vraiment un problème » : cette économiste dénonce le gaspillage de l’argent public en Belgique
Invitée sur RTL Info, l’économiste Sylviane Delcuve estime que les difficultés budgétaires de la Belgique proviennent avant tout d’un problème de dépenses publiques plutôt que d’un manque de recettes. Elle plaide pour davantage de sobriété budgétaire et une meilleure utilisation de l’argent du contribuable.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
L’économiste Sylviane Delcuve estime que le problème budgétaire belge provient avant tout d’un excès de dépenses publiques. Elle plaide pour davantage de sobriété et une meilleure utilisation de l’argent du contribuable.
Alors que le gouvernement fédéral cherche plusieurs milliards d’euros pour redresser les finances publiques, l’économiste Sylviane Delcuve estime que le véritable problème de la Belgique ne réside pas dans un manque de recettes fiscales, mais dans la manière dont l’argent public est dépensé.
Invitée jeudi soir sur RTL Info, l’économiste de BNP Paribas Fortis a dressé un constat sévère de la situation budgétaire du pays, appelant à davantage de « sobriété » dans la gestion des finances publiques.
Une dette trois fois plus élevée qu’au Danemark
Pour illustrer son propos, Sylviane Delcuve compare la Belgique au Danemark, un pays dont la pression fiscale est pourtant comparable.
La différence apparaît toutefois lorsqu’on observe l’endettement public. Selon elle, la dette publique belge atteint aujourd’hui environ 60.000 euros par habitant, contre seulement 20.000 euros au Danemark.
« C’est surtout du côté des dépenses qu’il faudrait faire des efforts, parce qu’il y a vraiment un problème », affirme-t-elle.
Pour l’économiste, cette situation démontre que la question centrale n’est pas tant le niveau des prélèvements que l’efficacité avec laquelle les moyens publics sont utilisés.
Un appareil politique jugé trop lourd
Sylviane Delcuve pointe également le poids des structures politiques belges. Elle souligne que la Belgique compte environ 31.000 mandataires politiques, soit 26 élus pour 10.000 habitants. À titre de comparaison, le Danemark n’en compte que cinq pour 10.000 habitants.
Pour l’économiste, cette différence illustre un problème plus large de fonctionnement de l’État et justifie une réflexion sur la réduction des dépenses publiques.
Elle appelle dès lors à davantage de discipline budgétaire et à une utilisation plus rigoureuse de l’argent du contribuable.
« Les Belges sont trop taxés »
L’économiste estime également que la fiscalité pesant sur le travail reste excessivement élevée. Selon ses calculs, lorsqu’un employeur débourse 125 euros pour rémunérer un salarié, ce dernier ne perçoit finalement qu’une quarantaine d’euros nets.
« Quand vous prenez le point de départ et que vous prenez le point d’arrivée, plus de 80 euros ont disparu dans la nature, et la question est de savoir à quoi cet argent est affecté », explique-t-elle.
Un constat qui rejoint les critiques régulièrement formulées à l’égard du coût du travail en Belgique, l’un des plus élevés d’Europe.
La question de l’utilisation de l’argent public
Pour Sylviane Delcuve, le débat ne doit pas uniquement porter sur le niveau des recettes ou sur de nouvelles hausses d’impôts. La véritable question est celle de l’affectation des moyens publics.
L’économiste estime qu’il est nécessaire de distinguer les dépenses essentielles — comme l’enseignement, les transports ou certaines infrastructures — des dépenses qu’elle considère comme excessives ou inutiles.
« Qui a envie de payer des impôts pour financer des travaux pharaoniques comme la gare de Mons, et j’en passe et des meilleures », lance-t-elle.
Alors que le gouvernement s’apprête à engager de nouvelles discussions budgétaires, cette prise de position illustre un débat qui traverse de plus en plus le monde économique : celui de la maîtrise des dépenses publiques dans un pays où la pression fiscale figure déjà parmi les plus élevées d’Europe.