"Je ne veux pas d’une santé low cost" : J-F. Gatelier assume son discours vérité sur les médicaments
Le député et médecin Jean-François Gatelier (Les Engagés) assume ses propos polémiques sur le coût des médicaments. Dans une interview à 21 News, il défend la réforme Arizona, appelle à davantage de responsabilisation des patients et estime que « la santé doit avoir de la valeur ».
Publié par Demetrio Scagliola
• Mis à jour le
" 1 200 € pour un smartphone jetable… mais 2 € de plus pour un médicament deviennent un scandale ? " Ce post de Jean-François Gatelier (Les Engagés) a provoqué un flot de réactions sur les réseaux sociaux. Le député-médecin y dénonce une incohérence collective : l’acceptation tacite de l’obsolescence programmée et des hausses de prix dans le divertissement (Netflix, iPhone, Uber Eats) contrastant avec la colère suscitée par une augmentation de 1 ou 2 € pour des médicaments. Pour lui, la santé n'est pas un produit jetable, mais le seul investissement qui ne subit pas d’obsolescence. Et pour préserver l'excellence de notre système de soins de santé et responsabiliser davantage les patients face à la consommation de médicaments, la réforme portée par l'Arizona est nécessaire. Interview sans langue de bois.
21News : Jean-François Gatelier, votre « coup de gueule » a beaucoup fait réagir. Que vouliez-vous dire exactement ? Que la santé a un coût et qu'il faut établir un ordre de priorité ?
Jean-François Gatelier : Exactement. Je commence à devenir un vieux médecin (rires). J'ai reçu un appel vocal d'un ami médecin que je vois très rarement et qui n'est pas sur les réseaux sociaux ; son message était super intéressant car il partageait totalement mon analyse. On sait bien que les soins de santé sont dans le collimateur car c'est un budget très lourd.
J'en ai un peu marre d'entendre le misérabilisme des partis d'opposition qui sortent toujours des exemples à la Victor Hugo, où il faudrait presque vendre ses dents à la fin du mois pour pouvoir se soigner. Je suis un médecin très humain, très social et conventionné, donc nous ne sommes pas soumis aux suppléments d'honoraires. Mais ce médecin me disait qu'il y a tellement de gratuité dans les médicaments que les gens, au lieu de se responsabiliser par rapport à leur mode de vie, se disent que comme cela ne vaut pas grand-chose, ils peuvent compenser leurs mauvais comportements par ces médicaments, qui sont d'ailleurs très efficaces mais coûtent très peu.
Il faut savoir que 50 % des dépenses en médicaments sont liés à notre mode de vie (maladies cardiovasculaires, diabète, antiacides) ; ce sont des choses pour lesquelles on pourrait se responsabiliser un peu plus. Mais la gratuité n'incite pas les gens à le faire. L'opposition amplifie la problématique pour manipuler les gens en disant que c'est honteux d'augmenter le prix. En réalité, on n'a pas « augmenté » les médicaments : on a arrondi à l'unité (1 € pour les bénéficiaires de l'intervention majorée - BIM, et 2 € pour les non-BIM) des médicaments qui coûtaient moins d'un euro, et ce pour des boîtes qui couvrent parfois trois mois de traitement.
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