La Colombie se retire de la procédure contre Israël devant la CIJ
La Colombie a retiré son intervention dans l’affaire opposant l’Afrique du Sud à Israël devant la Cour internationale de Justice sur la guerre à Gaza. Une nouvelle rupture avec la politique de Gustavo Petro, alors que le gouvernement d’Abelardo de la Espriella a entrepris un rapprochement spectaculaire avec Israël.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
La Colombie a retiré sa déclaration d’intervention dans l’affaire opposant l’Afrique du Sud à Israël devant la CIJ, marquant un nouveau virage diplomatique après l’ère Petro.
Nouveau changement de cap diplomatique à Bogotá. La Colombie a officiellement retiré sa déclaration d’intervention dans la procédure engagée par l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de Justice (CIJ) au titre de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide.
COMMUNIQUÉ : la #Colombie a informé la #CIJ de sa décision de retirer la déclaration d’intervention qu’elle avait déposée en vertu de l’article 63 du Statut de la Cour le 5 avril 2024 ...
— CIJ_ICJ (@CIJ_ICJ) September 22, 2026
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La décision a été communiquée à la Cour le vendredi 18 septembre et rendue publique lundi 22 septembre. La Colombie était intervenue dans l’affaire le 5 avril 2024, sous la présidence de Gustavo Petro.
Il ne s’agit toutefois ni d’un retrait de la Colombie de la Convention sur le génocide, ni de l’abandon de la procédure elle-même. L’affaire a été introduite par l’Afrique du Sud contre Israël en décembre 2023 et se poursuit indépendamment de la décision colombienne. Israël rejette les accusations de génocide portées contre lui.
Un engagement pris sous Gustavo Petro
La Colombie de Gustavo Petro avait été l’un des soutiens de la procédure sud-africaine. Dans sa déclaration d’intervention d’avril 2024, Bogotá affirmait que les États parties à la Convention devaient faire tout ce qui était en leur pouvoir pour prévenir et réprimer le génocide et demandait à la CIJ d’agir afin de garantir « la sécurité et l’existence même du peuple palestinien ».
L’intervention avait été effectuée sur le fondement de l’article 63 du Statut de la CIJ. Ce mécanisme permet à un État partie à une convention dont l’interprétation est en cause de présenter à la Cour sa position sur cette interprétation. Il ne faisait donc pas de la Colombie une partie au litige entre Pretoria et Jérusalem.
Plusieurs autres États ont depuis déposé des déclarations ou demandes d’intervention, parmi lesquels l’Espagne, l’Irlande, la Belgique, le Brésil, les États-Unis, la Hongrie ou encore les Pays-Bas. Le retrait colombien ne modifie pas leur participation à la procédure.
La Colombie change de cap avec Israël
La décision intervient moins de deux mois après l'arrivée au pouvoir d'Abelardo de la Espriella et s'inscrit dans une réorientation beaucoup plus large de la diplomatie colombienne à l'égard d'Israël.
Sous Gustavo Petro, les relations entre les deux pays s'étaient profondément détériorées. Son successeur a au contraire entrepris de rétablir leurs relations diplomatiques. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa'ar, avait d'ailleurs annoncé dès vendredi le retrait colombien et remercié le nouveau président pour sa décision.
La diplomatie colombienne se montre toutefois plus prudente sur la portée juridique de la décision. Dans son communiqué officiel, le ministère des Affaires étrangères précise que le retrait de l'intervention ne modifie en rien le statut de la Colombie comme État partie à la Convention sur le génocide, ni les obligations internationales qui en découlent. Le gouvernement indique simplement que la décision a été prise dans le cadre de la compétence constitutionnelle du président pour diriger les relations internationales.
La procédure principale, elle, se poursuit à La Haye. En mai dernier, la CIJ a fixé de nouveaux délais pour la réplique de l'Afrique du Sud et la duplique d'Israël. La Cour n'a pas encore rendu de décision définitive sur le fond des accusations sud-africaines.