Les prisons belges comptent 31% de détenus de plus de 60 ans en plus qu’en 2019
La Belgique comptait 719 détenus de plus de 60 ans en juin 2026, contre 550 début 2019. Face à cette hausse, le CCSP demande des locaux adaptés et une meilleure prise en charge médicale.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Le nombre de détenus belges de plus de 60 ans a augmenté de 31% entre janvier 2019 et juin 2026. Le CCSP demande une politique nationale pour adapter les locaux, les soins et l’accompagnement quotidien à leur vieillissement.
Les prisons belges accueillent un nombre croissant de détenus âgés. Ils étaient 719 à avoir plus de 60 ans en juin 2026, contre 550 en janvier 2019. Cette progression de 31% pousse le Conseil central de surveillance pénitentiaire (CCSP) à demander une politique nationale adaptée à leurs besoins.
Selon le rapport cité par Belga, les établissements pénitentiaires répondent difficilement à la perte de mobilité et d’autonomie. L’accès aux soins et l’accompagnement en fin de vie soulèvent aussi des questions. Ces besoins varient d’une personne à l’autre et peuvent évoluer pendant la détention.
Le CCSP appelle à dépasser les réponses locales. Aujourd’hui, une personne âgée peut vivre dans un quartier ordinaire, aux côtés de détenus plus jeunes. Merksplas et Saint-Hubert disposent aussi de sections réservées aux seniors. Le Conseil estime que ces initiatives ne forment pas encore une politique commune.
Détenus âgés : adapter les lieux et les soins
Une prison ordinaire peut encourager certains détenus à conserver leurs habitudes et leur mobilité. Mais cette solution ne répond pas nécessairement aux besoins d’une personne qui perd son autonomie. À l’inverse, un quartier spécialisé permet de concentrer les moyens sans convenir à tous les profils.
Le CCSP propose notamment de créer des maisons de détention adaptées ou de renforcer les sections existantes. Il préconise des cellules individuelles, des locaux accessibles et un accompagnement pour les gestes du quotidien. Il souhaite également développer un modèle de soins gériatriques.
Une équipe réunissant plusieurs professions pourrait suivre les détenus concernés. Le Conseil demande aussi de préparer leur réinsertion. Cette question demeure pertinente même à un âge avancé : la prise en charge doit tenir compte de la situation de chacun et de la perspective d’une sortie.
Quand la prise en charge médicale prend le dessus
Le vieillissement confronte l’administration à une décision délicate. Le niveau de sécurité requis pour une personne détenue peut évoluer avec son état de santé et son autonomie. Son besoin de soins, lui, peut augmenter.
« La question centrale est de savoir à quel moment un détenu d’un certain âge cesse d’être considéré comme un profil à haut niveau de sécurité pour devenir avant tout un patient », souligne Pieter Houbey, vice-président du CCSP.
Le rapport fait suite au visionnage, par des membres du Conseil, du documentaire Derrière les barreaux du temps. Celui-ci suit le quotidien de la section pour seniors de la prison de Merksplas.
Le CCSP veut désormais que l’accueil des détenus âgés repose sur une réponse cohérente dans l’ensemble du pays.