Sébastien Boussois : « Le Maroc a choisi l’évolution plutôt que la révolution »
Dans son essai « Maroc, la force de la stabilité », (éditions du Cherche-Midi) le géopoliticien Sébastien Boussois défend une thèse assumée : le royaume chérifien constitue, dans un environnement régional instable, une exception politique, sécuritaire et diplomatique.
Publié par Nicolas de Pape
Résumé de l'article
Sébastien Boussois voit dans le Maroc une exception de stabilité dans un monde arabe secoué par les crises, les guerres civiles et le terrorisme.
Sans nier les limites démocratiques ni les défis sociaux du royaume, il insiste sur les réformes engagées depuis Mohammed VI et sur la montée en puissance diplomatique du pays.
Selon lui, le Maroc a choisi l’évolution plutôt que la révolution, en assumant une stratégie de réalisme politique, religieux et géopolitique.
Sans nier les défis sociaux ni les limites du système, il voit dans le Maroc de Mohammed VI un État qui a su conjuguer stabilité, réformes progressives et montée en puissance internationale. Il souligne que le royaume a conservé l’une des plus anciennes communautés juives du monde arabe et continue de mettre en valeur cet héritage, qu’il considère comme partie intégrante de son identité nationale.
21News : Votre essai présente le Maroc comme une puissance de stabilité. Mais à quel moment la stabilité cesse-t-elle d’être une force pour devenir un argument de conservation du pouvoir ?
Toute stabilité comporte un risque : celui de devenir immobilisme. Mais il faut regarder les faits. Depuis 1999, le Maroc de Mohammed VI a engagé une succession de réformes que beaucoup de pays de la région n’ont jamais osé entreprendre : la réforme du Code de la famille en 2004, la création de l’Instance Équité et Réconciliation, la régionalisation avancée, les investissements massifs dans les infrastructures, les ports, les énergies renouvelables, la généralisation progressive de la protection sociale ou encore les réformes économiques.
Lors des printemps arabes, alors que plusieurs régimes ont été balayés ou se sont enfoncés dans la violence, le Maroc a choisi une réforme constitutionnelle plutôt qu’une confrontation. Était-ce suffisant ? Sans doute pas pour certains. Était-ce préférable à l’effondrement observé en Libye, en Syrie ou au Yémen ? Bien sûr.
« La stabilité n’est pas une fin en soi ; elle est un préalable pour réformer durablement. »
21News : Votre livre est très favorable au royaume. Comment expliquer alors que tant de Marocains aient quitté leur pays et que certains parlent de dictature ?
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