Législatives en Israël : le camp de Netanyahu passe en tête, mais la majorité reste hors de portée
Benjamin Netanyahu conserve donc une longueur d’avance, son parti étant sorti premier des élections à ce stade, mais pas encore les clés d’un nouveau gouvernement.
Publié par J.PE
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Le camp de Benjamin Netanyahu a pris une avance dans le dépouillement des élections législatives israéliennes, sans pour autant parvenir à dégager une majorité. Alors que plus de la moitié des bulletins sont désormais comptabilisés, l’issue du scrutin reste particulièrement incertaine.
Selon les résultats partiels publiés mercredi matin par la Commission électorale israélienne, après le dépouillement de 50,1 % des bulletins, le bloc dirigé par le Likoud de Benjamin Netanyahu est crédité de 56 sièges sur les 120 que compte la Knesset. Le bloc d’opposition obtiendrait 49 sièges, tandis que les partis arabes disposeraient de 15 sièges.
Ces chiffres sont toutefois susceptibles d’évoluer fortement au cours des prochaines heures. Les sondages réalisés à la sortie des urnes avaient en effet livré une photographie beaucoup plus serrée, avec les deux principaux camps au coude-à-coude.
Aucune majorité ne se dessine
Pour gouverner, un camp doit disposer d'au moins 61 députés à la Knesset. À ce stade, ni la coalition de Netanyahu ni l’opposition ne semble donc en mesure de former seule un gouvernement.
Cette situation ouvre la voie à des négociations politiques qui pourraient s’avérer longues et complexes. Les partis arabes pourraient notamment se retrouver en position d’arbitres dans la formation du prochain gouvernement, même si les principaux blocs ont jusqu’ici été réticents à une alliance avec eux.
Les premières projections avaient même placé l’opposition emmenée par l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot légèrement devant le camp de Netanyahu. Au fil de la nuit, l’écart s’est cependant réduit, avant que les résultats partiels ne donnent finalement l’avantage au Premier ministre sortant.
Une participation record depuis 1999
Autre fait marquant du scrutin : la mobilisation des électeurs.
Le taux de participation a atteint 77,7 %, un niveau inédit depuis 1999. Cette forte participation intervient dans un contexte particulièrement tendu pour Israël, avec cette élection organisée après plusieurs années de guerre et de profondes divisions politiques et sociales.
Les résultats constituent également le premier grand verdict électoral national depuis l’attaque menée par le Hamas le 7 octobre 2023, événement qui a profondément bouleversé la politique et la sécurité israéliennes.
Netanyahu veut un gouvernement « de droite et fort »
Benjamin Netanyahu a rapidement revendiqué une position favorable à son camp et appelé à la constitution d’un gouvernement de droite.
Devant ses partisans à Jérusalem, le Premier ministre a défendu l’idée d’une majorité « juive et sioniste » et exclu la formation d’un gouvernement dépendant des partis arabes israéliens.
Le chef du Likoud a également mis en avant son bilan sécuritaire et présenté son parti comme la première force politique du pays. Il a par ailleurs insisté sur la nécessité, selon lui, de poursuivre la politique de fermeté face aux menaces régionales.
Eisenkot revendique lui aussi le changement
Face à Netanyahu, Gadi Eisenkot défend une lecture différente du scrutin. Le chef de l’opposition estime que les électeurs ont exprimé leur volonté de tourner la page Netanyahu.
Mais même en cas de victoire numérique de son bloc, Eisenkot devra lui aussi trouver les soutiens nécessaires pour atteindre les 61 sièges. La fragmentation du paysage politique israélien rend cette équation particulièrement difficile.
Trump affirme que son soutien a aidé Netanyahu
Le scrutin a également été marqué par l’intervention politique du président américain Donald Trump.
Interrogé mercredi, Trump a estimé que son soutien public à Benjamin Netanyahu avait « beaucoup » contribué à son résultat électoral.
Netanyahu a de son côté insisté sur la relation privilégiée entre Israël et Washington. Devant ses partisans, il a évoqué une « opportunité historique » offerte par la coopération avec Donald Trump pour faire face à la menace iranienne.
Une nouvelle période d’incertitude politique
Le dépouillement doit encore se poursuivre avant la publication des résultats définitifs. Mais une chose apparaît déjà clairement : les électeurs israéliens n’ont pas donné à un camp une voie évidente vers une majorité.
Le président Isaac Herzog devra ensuite consulter les différents partis avant de charger le candidat considéré comme le mieux placé pour former une coalition. Des négociations pourraient donc s’engager pendant plusieurs semaines.
Si aucun accord n’est trouvé, Israël pourrait à nouveau se retrouver confronté à une impasse politique, avec la possibilité d’un nouveau scrutin.
À ce stade, Benjamin Netanyahu conserve donc une longueur d’avance, mais pas encore les clés d’un nouveau gouvernement.