Les États-Unis envisagent d’inculper Raul Castro près de trente ans après l’affaire des avions abattus
L’administration américaine envisagerait d’inculper Raúl Castro pour son rôle présumé dans la destruction de deux avions civils en 1996 au large de Cuba. Cette initiative marque une nouvelle escalade dans les tensions entre Washington et le régime cubain.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Les États-Unis envisageraient d’inculper Raul Castro pour son rôle présumé dans la destruction de deux avions civils américains en 1996.
Les États-Unis préparent une possible inculpation de Raul Castro, ancien président cubain et frère de Fidel Castro, selon des informations révélées par Reuters.
D’après un responsable du département américain de la Justice cité sous couvert d’anonymat, cette mise en accusation pourrait intervenir rapidement après validation par un grand jury fédéral.
L’affaire porterait sur la destruction en 1996 de deux avions appartenant à l’organisation humanitaire Brothers to the Rescue, abattus par l’aviation cubaine au-dessus du détroit de Floride.
Quatre personnes avaient été tuées dans cet incident, qui avait provoqué à l’époque une crise diplomatique majeure entre Washington et La Havane.
L’affaire Brothers to the Rescue refait surface
L’organisation Brothers to the Rescue était composée d’exilés cubains basés aux États-Unis. Elle menait officiellement des opérations humanitaires destinées à repérer et secourir des migrants cubains en mer, mais La Havane accusait régulièrement le groupe de provoquer le régime et de violer l’espace aérien cubain. Le 24 février 1996, deux appareils civils de l’organisation avaient été détruits par des chasseurs cubains.
L’affaire avait profondément marqué les relations américano-cubaines et conduit au durcissement de l’embargo américain contre Cuba avec l’adoption de la loi Helms-Burton quelques semaines plus tard.
Selon CBS, l’éventuelle inculpation de Raul Castro serait directement liée à cette opération militaire.
Une nouvelle offensive de l’administration Trump contre Cuba
Cette initiative intervient dans un contexte de forte dégradation des relations entre Washington et Cuba depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
L’administration américaine accuse le régime cubain d’autoritarisme, de corruption et d’inefficacité économique. Ces derniers mois, Washington a considérablement renforcé sa pression économique sur l’île, notamment en menaçant de sanctions les pays fournissant du carburant à Cuba.
Ces mesures ont aggravé la crise énergétique cubaine, déjà marquée par des coupures d’électricité récurrentes et un effondrement économique prolongé.
Le parquet fédéral du district sud de la Floride supervise actuellement plusieurs investigations visant de hauts responsables cubains.
Des discussions discrètes malgré les tensions
Le paradoxe est que des contacts entre les deux pays semblent malgré tout avoir continué en coulisses.
Reuters révèle que des représentants américains et cubains auraient reconnu récemment l’existence de discussions bilatérales, même si celles-ci semblent aujourd’hui au point mort.
Le gouvernement cubain a par ailleurs confirmé jeudi une rencontre avec John Ratcliffe, directeur de la CIA.
Selon un responsable américain, Ratcliffe aurait indiqué aux responsables cubains que Washington restait disposé à discuter de questions économiques et sécuritaires à condition que le régime engage des « changements fondamentaux ».
Une portée surtout symbolique
À 94 ans, Raul Castro ne dirige plus officiellement Cuba depuis plusieurs années, même s’il conserve une influence symbolique considérable au sein du système politique cubain.
Une éventuelle inculpation aurait donc surtout une portée politique et diplomatique. Elle constituerait néanmoins un geste extrêmement fort de la part des États-Unis : celui de viser pénalement l’un des derniers grands survivants historiques de la révolution cubaine, près de trente ans après l’incident des avions abattus.