L'Europe à 27 peine à fonctionner ? Bruxelles prépare déjà l'Europe à 35
Alors que l'Union européenne traverse une crise persistante de confiance et que les critiques sur sa lourdeur administrative, son fonctionnement et son éloignement des citoyens se multiplient, Bruxelles fait de l'élargissement sa nouvelle priorité stratégique. Une fuite en avant ou un choix géopolitique assumé ?
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Contestée par une partie croissante de ses citoyens, l'Union européenne prépare pourtant un nouvel élargissement. Une stratégie qui relance le débat sur ses priorités et son fonctionnement.
Voilà treize ans que l'Union européenne n'a accueilli aucun nouvel État membre. Depuis l'adhésion de la Croatie en 2013, le paysage politique européen a pourtant été bouleversé : Brexit, crise migratoire, pandémie, guerre en Ukraine, crise énergétique, inflation, retour des tensions géopolitiques, sans oublier la progression continue des partis eurosceptiques dans de nombreux États membres.
À première vue, on aurait pu imaginer qu'une telle succession de secousses conduirait les dirigeants européens à s'interroger sur le fonctionnement de l'Union elle-même. Comment la rendre plus lisible, plus efficace, plus proche des citoyens, plus respectueuse du principe de subsidiarité ? Comment alléger une architecture institutionnelle que beaucoup jugent devenue excessivement complexe ?
Le débat qui s'ouvre aujourd'hui à Bruxelles prend pourtant une direction opposée. Selon le Financial Times, les institutions européennes travaillent désormais activement à un nouvel élargissement de l'Union. Monténégro, Albanie, Ukraine, Moldavie, voire demain Serbie, Bosnie-Herzégovine ou Kosovo : jamais depuis la grande vague de 2004 l'idée d'accueillir de nouveaux membres n'a semblé aussi sérieusement envisagée.
Le contraste est saisissant : alors que l'Union peine déjà à convaincre ses propres citoyens, elle veut se convaincre que de nouveaux pays qui la rejoignent sont la solution.
La réponse de Bruxelles : toujours plus d'Europe
L'argument avancé est désormais principalement géopolitique. Face à la Russie, à la Chine et aux incertitudes suscitées par le retour de Donald Trump, Bruxelles estime que l'élargissement est devenu une nécessité stratégique autant qu'un projet politique.
L'analyse n'est pas dénuée de logique. Une Ukraine durablement arrimée à l'Europe renforcerait incontestablement le poids stratégique du continent. Les Balkans occidentaux demeurent eux aussi une zone où les influences russe, chinoise ou turque continuent de se développer.
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