Logement inaccessible, carrières bouchées, amour en crise : pourquoi la génération Z n’arrive plus à devenir adulte
Un jeune adulte sur cinq traverserait une « crise du quart de vie ». Derrière la formule se dessine un phénomène plus profond : logement inaccessible, débuts professionnels difficiles, recul du couple et omniprésence des réseaux sociaux bouleversent les étapes traditionnelles de l’entrée dans l’âge adulte.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Logement inaccessible, emplois incertains, réseaux sociaux, solitude et crise des rencontres : la génération Z peine à franchir les étapes traditionnelles de l'âge adulte. Une « crise du quart de vie » qui dépasse largement le simple mal-être générationnel.
Boire, danser, coucher et prendre quelques mauvaises décisions : telle était, avec un peu de caricature, la jeunesse chantée par Jarvis Cocker dans les années 1990. Trente ans plus tard, le tableau a singulièrement changé.
Les jeunes adultes boivent moins, sortent moins, font moins l'amour et quittent plus tard le domicile familial. Beaucoup retardent le couple, les enfants ou l'achat d'un logement. Et au moment même où ils tentent d'entrer sur le marché du travail, l'intelligence artificielle commence à menacer certains des emplois qui constituaient traditionnellement les premières marches d'une carrière.
Dans le Times, la journaliste Olivia Petter rassemble ces symptômes sous une même expression : la « crise du quart de vie ». Une étude de l'Université de Greenwich citée par le quotidien estime qu'un jeune de 18 à 29 ans sur cinq traverse des difficultés liées au logement, aux études ou à la carrière suffisamment importantes pour remettre en question son avenir. Parmi les personnes interrogées, 18 % se disent incertaines quant à leurs perspectives professionnelles, 15 % rencontrent des problèmes d'identité et 14 % éprouvent des difficultés à accéder à l'indépendance adulte.
L'indépendance devient un luxe
Le logement constitue probablement la manifestation la plus concrète du phénomène. Pour une partie des jeunes Britanniques, quitter le domicile familial ne dépend plus seulement de l'obtention d'un emploi. Il faut encore que cet emploi permette de payer un loyer devenu considérable, particulièrement à Londres. Et devenir propriétaire relève d'un autre ordre de difficulté.
Un homme de 32 ans résume férocement les possibilités qui s'offrent à sa génération : disposer d'un patrimoine familial, trouver un conjoint fortuné ou posséder « un compte OnlyFans très populaire ».
La plaisanterie révèle une fracture plus sérieuse. Des étapes autrefois associées assez naturellement à l'avancée en âge dépendent de plus en plus du patrimoine familial.
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