Logement : près de 9 Belges sur 10 ont souffert de la chaleur chez eux en 2026
Près de 9 Belges sur 10 ont souffert de la chaleur dans leur logement en 2026, selon ING. Même dans les habitations construites après 2011, 82 % ont été incommodés. Et un Belge sur deux estime que le PEB ne reflète pas suffisamment le confort d'été.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
Près de neuf Belges sur dix ont ressenti une chaleur désagréable dans leur logement pendant au moins quelques jours en 2026.
Même dans les logements construits après 2011, 82 % des occupants disent avoir été incommodés par la chaleur.
Un Belge sur deux estime que le score PEB ne tient pas suffisamment compte du confort pendant les périodes de forte chaleur.
Isoler les logements pour consommer moins d'énergie en hiver ne suffit plus. Avec des périodes de chaleur de plus en plus difficiles à supporter dans les habitations, la question du confort estival commence à peser dans les choix immobiliers des Belges.
Une étude réalisée par Profacts pour ING auprès de 1.001 Belges montre l'ampleur du phénomène. En 2026, près de neuf personnes sur dix déclarent avoir ressenti une chaleur désagréable dans leur logement pendant au moins quelques jours.
Pour environ un Belge sur quatre, cet inconfort a même persisté pendant plus de deux semaines. Seuls 10 % des répondants affirment ne jamais avoir souffert de la chaleur chez eux cette année.
Et les logements récents ne sont pas épargnés.
Même les logements récents sont concernés
Parmi les personnes vivant dans un logement construit après 2011, 82 % disent avoir ressenti une chaleur désagréable pendant au moins quelques jours.
Un chiffre qui montre les limites d'une approche de la rénovation principalement centrée sur la consommation énergétique et l'isolation contre le froid.
« Même 82 % des occupants de logements construits après 2011 ont ressenti une chaleur désagréable chez eux pendant au moins quelques jours en 2026 », souligne Alissa Lefebre, économiste chez ING Belgique et auteure de l'étude.
« Cela montre qu'un logement plus récent, et donc souvent mieux isolé, n'est pas automatiquement mieux protégé contre la chaleur », ajoute-t-elle.
Le problème n'est pas anodin. Environ la moitié des Belges interrogés disent rencontrer des problèmes de sommeil, de santé ou de concentration pendant les vagues de chaleur.
Plus la chaleur persiste dans le logement, plus ces problèmes sont fréquemment signalés. Parmi les personnes qui n'ont jamais souffert d'une chaleur désagréable chez elles cette année, 17 % déclarent rencontrer des problèmes de sommeil ou de santé lors des vagues de chaleur. Cette proportion grimpe à 72 % chez celles qui ont subi plus de deux semaines d'inconfort thermique.
Le PEB ne dit pas tout
L'étude pose également une question importante pour le marché immobilier : faut-il mieux intégrer le confort d'été dans l'évaluation d'un logement ?
Le score PEB reste un critère important aux yeux des Belges. 76 % considèrent qu'un bon score PEB augmente la valeur d'une habitation et un peu plus de la moitié pensent qu'il permet de mieux évaluer les rénovations énergétiques encore nécessaires.
Mais un Belge sur deux considère que le PEB actuel ne tient pas suffisamment compte du confort lors des étés chauds.
Une lacune qui pourrait devenir de plus en plus importante aux yeux des acheteurs.
Plus de sept Belges sur dix s'attendent en effet à ce que les vagues de chaleur deviennent à la fois plus fréquentes et plus intenses dans notre pays. Et trois sur quatre pensent que la protection contre la chaleur deviendra aussi importante que l'efficacité énergétique lors de l'achat d'un logement.
« La résistance à la chaleur pourrait ainsi devenir un critère à part entière dans le choix d'un logement, au même titre que le score PEB, la localisation, la superficie et l'état général », estime Alissa Lefebre.
La chaleur pousse aussi à rénover
Les épisodes de chaleur semblent déjà influencer les intentions de rénovation.
Près de la moitié des personnes interrogées affirment que les récentes vagues de chaleur ont modifié leur perception des investissements nécessaires dans leur habitation.
Le contraste est particulièrement net entre les propriétaires selon leur expérience de la chaleur.
Parmi ceux qui n'ont jamais ressenti de chaleur désagréable chez eux, 28 % envisagent une rénovation énergétique dans les trois prochaines années. Cette proportion atteint 60 % chez les propriétaires ayant subi environ deux semaines d'inconfort lié à la chaleur.
Le confort devient même l'une des principales raisons de rénover. Près de huit personnes qui rénovent sur dix placent l'amélioration du confort en hiver ou en été parmi leurs trois motivations principales.
Ce critère devance légèrement la réduction de la facture énergétique, citée parmi les trois principales motivations par plus de sept personnes sur dix.
Climatisation ? Les Belges préfèrent d'abord empêcher la chaleur d'entrer
Comment adapter les logements ?
L'installation généralisée de climatiseurs n'est pas la première réponse citée. Près de 80 % des répondants placent les protections solaires extérieures, les screens ou les volets parmi les principales solutions permettant de conserver un logement frais.
Viennent ensuite une isolation adaptée aux fortes chaleurs et les systèmes de rafraîchissement actif.
La perception de la climatisation et des autres systèmes de refroidissement évolue néanmoins. Six Belges sur dix les considèrent désormais davantage comme une nécessité que comme un luxe. Une proportion similaire estime que les pouvoirs publics devraient prévoir des primes pour leur installation.
Plus surprenant encore : un Belge sur trois ne verrait pas d'inconvénient à ce que l'installation d'un système de refroidissement détériore son score PEB.
Seulement 13 % placent d'ailleurs l'impact sur le PEB parmi les critères les plus importants lorsqu'ils choisissent un système de refroidissement.
Le coût reste le principal obstacle
Adapter les logements au froid comme aux fortes chaleurs suppose toutefois des investissements supplémentaires.
Deux Belges sur trois placent les coûts d'investissement élevés parmi les trois principaux freins à la rénovation énergétique du parc immobilier. La moitié cite également le manque de fonds propres.
À cela s'ajoutent les incertitudes entourant les primes et aides publiques, l'évolution de la réglementation et le délai nécessaire pour rentabiliser les investissements.
Le manque d'information constitue un autre frein important. Près de deux Belges sur trois jugent difficile d'estimer correctement à l'avance le coût d'une rénovation et à peine un sur trois estime disposer de suffisamment d'informations pour savoir comment améliorer l'efficacité énergétique d'un logement.
Sept personnes sur dix considèrent d'ailleurs le coût total comme l'un des éléments les plus souvent sous-estimés lors d'une rénovation énergétique.
Vers un nouveau critère pour l'immobilier ?
Pendant longtemps, la rénovation énergétique belge a principalement été pensée autour d'un objectif : consommer moins d'énergie, notamment pour se chauffer en hiver.
L'étude d'ING suggère qu'un deuxième enjeu est en train de s'imposer : éviter la surchauffe des logements pendant l'été.
Si cette préoccupation continue à progresser, la capacité d'une maison ou d'un appartement à rester frais pourrait progressivement peser davantage dans les décisions des acheteurs et des candidats à la rénovation, aux côtés du PEB, de la localisation, de la superficie et de l'état général du bien.
Le défi pour le parc immobilier belge devient donc double : consommer moins d'énergie tout en restant confortable lorsque les températures grimpent.
L'étude a été réalisée en septembre 2026 par Profacts pour ING auprès d'un échantillon représentatif de 1.001 Belges.