Minerval, Gaza, défense… les revendications se multiplient au piquet de l’ULB
Le blocage de l’ULB perturbe l’accès à plusieurs bâtiments du Solbosch ce jeudi. Le collectif « Gen-Z contre-attaque » conteste notamment la hausse du minerval. Des cibles à l’effigie de responsables politiques figurent sur le piquet.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Le collectif « Gen-Z contre-attaque » élargit ses revendications aux transports, à la sous-traitance et aux budgets militaires. Au Solbosch, une animation propose de viser avec des fléchettes les portraits de Valérie Glatigny, Georges-Louis Bouchez et Élisabeth Degryse. Les organisateurs annoncent leur volonté de poursuivre la mobilisation.
Le collectif « Gen-Z contre-attaque » bloque partiellement le campus Solbosch depuis 6 heures, ce jeudi 22 octobre. Les étudiants peuvent accéder au site, mais plusieurs bâtiments restent inaccessibles. Le mouvement impose donc des restrictions d’accès, y compris aux étudiants qui ne rejoignent pas la contestation.
L’ULB n’a pas accédé à la demande des organisateurs d’annuler les cours. Le collectif rassemble des étudiants, des cercles étudiants, des chercheurs, des enseignants et des membres du personnel.
Sur le piquet, les participants distribuent du café et se réchauffent autour d’un feu.
Un blocage de l’ULB qui dépasse la question du minerval
Le collectif conteste principalement la hausse des droits d’inscription, passés cette année de 835 à 1.194 euros, soit une augmentation de 43%. Selon les données de la Fédération Wallonie-Bruxelles, cette mesure concerne 58% des étudiants du supérieur.
Ses revendications dépassent cependant ce dossier. Les organisateurs dénoncent aussi la réforme du décret Paysage, le recul du financement de l’enseignement et la hausse des tarifs des transports. Ils réclament également la fin de la sous-traitance à l’ULB, notamment pour le nettoyage.
Le mouvement critique les interventions policières lors des mobilisations de jeunes, qu’il présente comme une répression. Un membre du collectif oppose aussi les restrictions dénoncées dans les services publics à l’augmentation des budgets militaires.
À ces demandes s’ajoute l’accueil de treize étudiants et chercheurs gazaouis attendus par les universités belges. Ceux-ci restent bloqués à Gaza, faute d’accord au niveau fédéral. Le collectif associe ainsi une question d’accueil international à un blocage initialement motivé par les conditions d’études.
Des responsables politiques transformés en cibles
Une animation du piquet personnalise davantage la contestation. Les participants peuvent lancer des fléchettes sur les portraits de Valérie Glatigny, Georges-Louis Bouchez et Élisabeth Degryse. Des explications sur les mesures contestées accompagnent les cibles.
La ministre de l’Enseignement, le président du MR et la ministre de l’Enseignement supérieur deviennent donc les supports d’un jeu de tir. Ce choix pose la question des formes données au désaccord politique dans une université, lieu de débat et de confrontation des arguments.
Le représentant dénonce les politiques des gouvernements associant le MR et Les Engagés, qu’il juge austéritaires. Il leur reproche d’invoquer la répartition des compétences entre plusieurs gouvernements pour répondre aux revendications.
Le collectif entend poursuivre la mobilisation. Il attribue aux protestations de 2014 l’obtention du gel du minerval. Il estime également que les mouvements étudiants en France, en Italie et ailleurs en Europe donnent un nouvel élan à sa contestation.