Maxime Prévot (Les Engagés) : "La Turquie est incontestablement membre de la famille européenne"
À l’issue de la mission économique belge en Turquie, Maxime Prévot défend un rapprochement accru entre Ankara et l’Union européenne. Le chef de la diplomatie belge mise sur le pragmatisme économique et stratégique malgré les divergences persistantes sur l’État de droit.
Publié par A JS
Résumé de l'article
En déplacement en Turquie avec une importante délégation belge, Maxime Prévot a défendu un rapprochement renforcé entre Ankara et l’Union européenne. Le ministre plaide pour davantage de coopération économique et stratégique malgré les divergences persistantes sur l’État de droit.
La Belgique clôture une importante mission économique en Turquie sur fond de rapprochement diplomatique assumé. Présent à Istanbul puis à Ankara aux côtés de plusieurs centaines de représentants du monde économique, académique et institutionnel, le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot a plaidé pour un renforcement des liens entre l’Union européenne et la Turquie.
Le vice-Premier ministre estime qu’Ankara reste un partenaire incontournable pour les Européens, tant sur le plan commercial que sécuritaire ou énergétique. Selon lui, l’Europe aurait tort de négliger un voisin aussi stratégique au moment où les dépendances extérieures suscitent de plus en plus d’inquiétudes.
Une coopération économique jugée indispensable
Durant cinq jours, près de 400 participants belges ont pris part à cette mission économique organisée entre Istanbul et Ankara. La première séquence du déplacement, organisée sur les rives du Bosphore, s’est déroulée en présence de la reine Mathilde.
Maxime Prévot a salué l’accueil réservé à la délégation belge par les autorités turques. Il a rapporté que les responsables locaux considéraient cette visite comme la plus importante mission économique étrangère jamais reçue par le pays.
Le ministre a surtout insisté sur la nécessité de renforcer les échanges avec la Turquie dans un contexte géopolitique instable. À ses yeux, il serait incohérent de chercher des partenariats lointains tout en limitant la coopération avec un voisin direct de l’Union européenne.
Dans cette logique, il soutient une révision de l’union douanière conclue en 1996 entre Bruxelles et Ankara. Ce dossier reste toutefois sensible au sein de l’Union, notamment en raison des réserves exprimées par la Grèce et Chypre.
Pragmatisme diplomatique face aux tensions politiques
Le chef de la diplomatie belge assume néanmoins une approche résolument pragmatique. Durant son déplacement, il s’est entretenu avec le président turc Recep Tayyip Erdogan ainsi qu’avec plusieurs membres du gouvernement turc.
S’il reconnaît des divergences persistantes concernant l’État de droit et certaines libertés fondamentales, Maxime Prévot affirme avoir abordé ces sujets sans posture moralisatrice. Le ministre assure avoir évoqué ces différences avec ses interlocuteurs, tout en privilégiant le dialogue et la coopération.
Le responsable centriste défend également une approche économique plus large qu’il résume par la formule « Made with Europe ». Une manière, selon lui, d’intégrer davantage les partenaires stratégiques de l’Union dans les chaînes économiques européennes.
En qualifiant la Turquie de « membre de la famille européenne », même sans appartenance à l’Union, Maxime Prévot marque ainsi sa volonté d’encourager une relation plus étroite avec Ankara, malgré les réticences qui demeurent dans plusieurs capitales européennes.