Maxime Prévot: « Refuser un juste travail sur les recettes n’est pas crédible »
Après l’échec des négociations budgétaires, Maxime Prévot appelle les partenaires de l’Arizona à « vite » se remettre à table. Le vice-Premier ministre défend de nouvelles économies, mais aussi une contribution des plus aisés, et met en garde contre le « chaos » politique.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Maxime Prévot reconnaît la nécessité de nouvelles économies, mais estime que l’assainissement doit rester socialement et économiquement équilibré.
- Les Engagés maintiennent leur demande d'une contribution des personnes les plus aisées et refusent d'exclure de nouvelles recettes.
- Le vice-Premier ministre veut éviter une rupture de l'Arizona et appelle les partenaires à « vite » reprendre les négociations.
Quelques heures après l’échec du kern et la décision de Bart De Wever de proposer la démission de son gouvernement au Roi, Maxime Prévot prend à son tour la parole.
Dans un long message publié sur X, le vice-Premier ministre et président des Engagés défend la ligne suivie par son parti pendant les négociations : poursuivre l’assainissement des finances publiques, mais en répartissant l'effort entre économies et recettes.
« Faire des économies pour assainir nos finances est toujours délicat, mais c’est une nécessité », commence Maxime Prévot. Il rappelle que des réformes ont déjà été engagées depuis le début de la législature et reconnaît que « d’autres sont encore nécessaires ».
🇧🇪 Faire des économies pour assainir nos finances est toujours délicat, mais c’est une nécessité. Nous avons mis en œuvre des réformes importantes depuis le début de cette législature. D’autres sont encore nécessaires.
— Maxime PREVOT (@prevotmaxime) November 2, 2026
Nous le savons et y sommes prêts.
Car c’est la condition…
« C’est notre devoir d’éviter de plonger le pays dans le chaos »
Le président des Engagés insiste toutefois sur les limites que son parti entend fixer à cet effort budgétaire.
« Ces réformes doivent être justes. Elles ne doivent pas casser la machine. Elles ne doivent ni enrayer l’activité économique ni mépriser les plus vulnérables », écrit-il.
Maxime Prévot met également en garde contre les conséquences sociales d'un assainissement qui serait jugé déséquilibré : « Sans quoi la colère qui se vit chez nos voisins se vivra chez nous avec la même intensité. »
Et dans le contexte de crise politique ouverte ce lundi, il adresse un message sans ambiguïté aux partenaires de la majorité : « C’est notre devoir d’éviter de plonger le pays dans le chaos. »
Prévot répond au débat sur les « trop nombreuses taxes »
Cette sortie intervient alors que la question des recettes est devenue l’un des principaux points de rupture entre les partenaires de l’Arizona.
David Clarinval avait estimé après l’échec des discussions que « le volume de taxes sur la table reste beaucoup trop élevé ». Le MR défend une réduction plus importante des dépenses publiques, tandis que Vooruit et Les Engagés réclament notamment une contribution accrue des « épaules les plus larges ». La norme de croissance du budget des soins de santé fait également partie des sujets de désaccord.
Maxime Prévot répond directement sur le fond de cette controverse. Il reconnaît que tous les départements de l'État doivent participer à l'effort et affirme que, depuis l'entrée en fonction du gouvernement, « l’essentiel s’est d’ailleurs opéré en compression des dépenses publiques, pas en recettes ».
Mais il refuse que la recherche de nouvelles recettes soit écartée par principe.
« Refuser un juste travail sur la question des recettes, dont l’érosion progressive est un point d’alerte de la Banque nationale, n’est pas crédible », affirme-t-il.
Une contribution des plus aisés jugée « légitime »
C’est probablement le passage politiquement le plus significatif de son intervention. Maxime Prévot assume explicitement le principe d'une contribution supplémentaire des citoyens disposant des moyens financiers les plus importants.
« Si on veut pouvoir donner de l’oxygène à ceux qui bossent, respecter les soignants et les pensionnés, assumer le vieillissement de la population et l’accès aux soins, offrir un futur plutôt que des factures à nos jeunes, une contribution des personnes à grande aisance financière est légitime », écrit-il.
Le vice-Premier ministre estime que le partage des charges « entre les plus aisés et les autres citoyens » constitue « un enjeu d’équilibre pour l’avenir ».
Cette position rapproche, sur ce point précis, Les Engagés de Vooruit, qui réclame également un effort supplémentaire des patrimoines et revenus les plus élevés. Elle se heurte en revanche aux réserves exprimées par le MR sur le niveau des nouvelles recettes envisagées.
« Remettons-nous vite à table »
Pour autant, Maxime Prévot ne plaide pas pour la rupture de la coalition. Son message se termine au contraire par un appel explicite à reprendre les discussions.
« Aujourd’hui plus que jamais, l’intérêt du pays doit prévaloir sur l’intérêt des partis », écrit-il, avant de lancer : « Remettons-nous vite à table pour atteindre un résultat juste et crédible et porteur de sens pour l’avenir. »
Une position qui rejoint l'appel lancé par le Roi Philippe après son audience avec Bart De Wever. Le souverain a déploré l'absence d'un accord permettant de doter la Belgique d'un budget crédible et appelé les différents acteurs au sens des responsabilités et du compromis.
Bref, du côté des Engagés, le message envoyé ce lundi est clair : le parti ne veut ni renoncer à l'assainissement budgétaire ni abandonner sa demande d'un effort réparti plus largement. Et surtout, il demande que les négociations reprennent.