Circoncisions à Anvers : la communauté juive propose une liste officielle de mohels contrôlés par des médecins
La communauté juive de Belgique se dit prête à encadrer plus strictement les circonciseurs rituels, appelés mohels, au moyen d’une commission médicale chargée d’évaluer leurs compétences. Mais elle pose une condition claire : que cesse ce qu’elle considère comme une criminalisation de la circoncision juive.
Publié par Rédaction
Résumé de l'article
-La communauté juive de Belgique propose de créer une commission médicale chargée de contrôler les mohels et d’établir une liste officielle de circonciseurs rituels reconnus.
-Mais elle demande en échange l’arrêt de ce qu’elle considère comme une criminalisation de la circoncision juive, alors que deux mohels pourraient être renvoyés devant le tribunal correctionnel à Anvers.
Selon De Tijd, Philippe Markiewicz, président du Consistoire central israélite de Belgique, propose la création d’une commission composée de médecins. Dont notamment des pédiatres et des urologues. Cette commission serait chargée d’examiner les mohels au cas par cas. Ceux qui obtiendraient un avis favorable figureraient sur une liste officielle. Les autres ne seraient pas reconnus par la communauté juive.
"Tentative de criminalisation de la pratique religieuse juive"
Cette proposition intervient alors que le parquet d’Anvers souhaite renvoyer deux mohels devant la justice. Ce dans le cadre d’une enquête sur de possibles circoncisions illégales. L’annonce a provoqué une vive inquiétude dans les milieux juifs de Belgique.
Yves Oschinsky, président du CCOJB, et Philippe Markiewicz, président du Consistoire, y voient un dossier lourd de conséquences pour la liberté religieuse.
Philippe Markiewicz dénonce une « tentative de criminalisation de la pratique religieuse juive ». Il rappelle que la circoncision juive n’a rien de clandestin et qu’elle se déroule à la demande des parents, dans le cadre d’une tradition religieuse plurimillénaire.
Point juridique sensible
Le point juridique reste sensible. En Belgique, la circoncision est considérée comme une intervention médicale. C’est précisément sur ce terrain que le Consistoire dit vouloir apporter des garanties.
Philippe Markiewicz affirme avoir transmis une proposition au ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke.
Son message est simple : si les autorités veulent s’assurer de la compétence technique des circonciseurs juifs, la communauté est prête à organiser un contrôle interne, encadré par des médecins.
Si le tribunal correctionnel devait s'occuper des mohels, le dossier pourrait, selon lui, s’étirer pendant des années, avec des procédures en appel, en cassation, voire devant la Cour européenne des droits de l’homme.
Pour le président du Consistoire, cette voie permettrait d’éviter un conflit judiciaire interminable. Si les deux mohels sont renvoyés devant le tribunal correctionnel, le dossier pourrait, selon lui, s’étirer pendant des années.
Avec des procédures en appel, en cassation, voire devant la Cour européenne des droits de l’homme.
Un accord rapide paraît toutefois peu probable. La chambre du conseil doit se prononcer le 18 juin sur l’éventuel renvoi des deux hommes devant le tribunal correctionnel. Les partis de la majorité ne souhaitent pas que le politique intervienne dans un dossier judiciaire encore en cours.