« Vous avez tué notre Défense » : l’attaque frontale de Francken à Flahaut
La passe d’armes se poursuit en cascade entre André Flahaut (PS), ministre de la Défense de 1999 à fin 2007 et son successeur actuel, Théo Francken (N-VA).
Publié par A JS
Le 10 mai, André Flahaut a vivement critiqué la politique menée par le gouvernement fédéral en matière de Défense. Sur le réseau X, il dénonçait « une multiplication des annonces d’achats de matériel militaire à plusieurs milliards, au détriment de la solidarité, de la santé, de l’éducation, de la culture et de tout ce qui fait tenir nos sociétés ».
Une sortie qui n’a pas tardé à susciter une réponse cinglante de Théo Francken. « Vous avez tué notre Défense lorsque vous en aviez la responsabilité, monsieur le Ministre. Maintenant, nous reconstruisons ce que vous avez détruit. Alors, s'il vous plaît, faites preuve d'un peu de décence et de retenue », a-t-il rétorqué.
L’échange ne s’est toutefois pas arrêté là. André Flahaut a rapidement répliqué, toujours sur X : « Cher Ministre, acheter mieux plutôt que plus, ce n’est pas “tuer” la Défense, c’est la mettre efficacement au service de la population. Have some decency et faites-en autant. La Défense n’a ni commencé ni fini avec moi ; d’autres ministres proches de vous m’ont succédé. »
Dans la foulée, Théo Francken a remis en cause plusieurs décisions prises sous le mandat de son prédécesseur. Il a notamment pointé le dossier des hélicoptères NH90, commandés en 2007. Souvent critiquée, la version de transport (TTH) s’est révélée coûteuse à l’entretien et difficile à exploiter sur le plan opérationnel, au point d’être retirée du service après une douzaine d’années. Le ministre actuel, à l’instar de plusieurs experts, qualifie ce programme de « non-histoire à succès ».
Autre dossier épinglé : celui des véhicules blindés Pandur. Certains spécialistes de la Défense les considèrent comme « l’une des plus grandes bourdes des dernières décennies », évoquant des problèmes mécaniques récurrents et une faible efficacité opérationnelle. Là encore, ces acquisitions remontent à la période Flahaut.
Au-delà du fond, cet échange illustre une tendance croissante des responsables politiques à régler leurs différends sur les réseaux sociaux, au risque d’alimenter la polémique plus que le débat de fond, une évolution qui ne correspond pas nécessairement aux attentes des citoyens.
Way better… pic.twitter.com/yy3QmbH7r6
— Theo Francken (@FranckenTheo) May 12, 2026