Ministres, parlementaires, entourage de Zelensky : la corruption reste une plaie majeure en Ukraine
Soutenir l’Ukraine face à l’agression russe n’oblige pas à idéaliser son système politique. Une enquête du FT montre l’ampleur des réseaux de corruption qui continuent de traverser l’État ukrainien, jusque dans l’entourage de Zelensky. Mais elle révèle aussi l’existence d’un contre-pouvoir anticorruption devenu redoutablement efficace.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Plus de 60 députés et plusieurs proches de Volodymyr Zelensky sont visés par l’agence anticorruption ukrainienne. La guerre contre la Russie ne doit pas masquer une corruption encore profondément enracinée dans l’État.
L’Ukraine est un pays agressé par la Russie, qui défend son territoire, son indépendance et son droit à choisir son avenir. Cette réalité explique le soutien que lui apportent les démocraties occidentales, mais elle ne suffit pas à transformer le pays en démocratie occidentale accomplie. Une enquête publiée cette semaine par le Financial Times rappelle une réalité parfois estompée par les nécessités politiques de la guerre : malgré plus d’une décennie de réformes, l’État ukrainien demeure profondément travaillé par la corruption et les réseaux d’influence hérités de son histoire post-soviétique.
Le phénomène ne se limite pas à quelques fonctionnaires subalternes. Le Bureau national anticorruption ukrainien, le NABU, a placé plus de 60 parlementaires sous enquête, affirme au FT Oleksandr Abakumov, responsable d’une de ses unités. Ces derniers mois, ses investigations ont également touché plusieurs ministres, le procureur général, un ancien partenaire commercial de Volodymyr Zelensky et jusqu’à Andriy Yermak, longtemps considéré comme le bras droit du président.
Une corruption qui atteint le sommet de l’État
Cette semaine, le procureur général Ruslan Kravchenko a démissionné après la publication d’une enquête accusant l’un de ses collaborateurs d’avoir protégé un réseau de centres d’appels escroquant des Européens. Quelques semaines auparavant, un autre haut responsable proche de Zelensky avait quitté ses fonctions. Deux ministres avaient déjà été poussés vers la sortie après des investigations concernant notamment des soupçons de corruption autour de fortifications destinées à protéger les infrastructures énergétiques. Toutes les personnes concernées nient les malversations qui leur sont reprochées.
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