Olivier Babeau : « Le droit à la paresse est payé par des gens qui bossent »
Capitalisation des retraites, critique du « droit à la paresse » et charge contre La France insoumise : dans son entretien accordé à 21News, l’économiste Olivier Babeau défend une vision résolument libérale et met en garde contre ce qu’il considère comme les dérives économiques et politiques de la gauche radicale.
Publié par J.PE
Résumé de l'article
Dans son entretien avec nous, Olivier Babeau plaide pour la capitalisation des retraites, critique le « droit à la paresse » et juge La France insoumise comme la principale menace idéologique pour la République.
L’économiste libéral veut aussi revoir complètement le système de retraite et y introduire de la capitalisation : « Avec un système par répartition, vous aurez à peine plus que le minimum vieillesse. Admettons que vous mettiez 500 euros de cotisation sur un ETF monde qui a fait 9 % sur les 40 dernières années, l’ ETF, c'est à dire un placement qui reproduit les actifs, les mutations, les évolutions boursières pour le monde entier, vous auriez beaucoup plus d'un million d'euros comme capital. Et avec ce capital, avec une hypothèse conservatrice de 3 % super net que vous pouvez avoir sur 1 million, non seulement vous avez la capital que vous pouvez transmettre à vos enfants extraordinaires, mais en plus vous pouvez vivre avec 30.000 € par an. Vous voyez, si vous aviez eu la capitalisation, et bien, c'est un monde totalement différent de retraite dans lequel vous auriez été ».
L’entretien se poursuit aussi sur une des thèses développée par la gauche à savoir celle du droit à la presse notamment chez des gens comme Sandrine Rousseau : « La remarque qu'on peut faire à Sandrine Rousseau, en toute amitié, c'est que le loisir et la paresse sont formidables. Mais il faut toujours se souvenir. On vient de parler du système économique dans lequel on vit. Cette paresse, c'est à dire cette inactivité et la richesse dont je jouis dans cette inactivité sont payés par des gens qui bossent, sont payés par les gens qui travaillent. Tout le monde a envie d'être en terrasse, dans un café, au soleil. Personne n'a envie d'être celui qui sert d'être le garçon qui sert à m'en donner. Il faut bien un garçon, il va bien falloir un serveur qui soit rémunéré. Et donc moi, ce qui m'inquiète, ce n'est pas le droit à la paresse en lui-même, mais le fait qu'on estime, qu'on veut oublier que chez nous, la paresse, c'est à dire le fait de moins travailler, se paye au prix la dette et au prix du travail de ceux qui bossent ».
Enfin on en vient sur ce que pense l’économiste de force comme celle de l’extrême-gauche LFI : « La force politique la plus dangereuse, la plus menaçante, la plus officiellement non démocratique. Et je ne parle même pas de l'antisémitisme qui aujourd'hui officiel en réalité de ce parti. En plus du commentaire du communautarisme qui ne se cache pas lui aussi, qui est officiel. Je crois que c'est aujourd'hui là, la puissance et le parti le plus anti-républicain. Je le dis clairement, je suis extrêmement inquiet de la façon dont ils ont une prégnance idéologique assez forte, bénéficient de beaucoup de relais. Et là, il faut qu'on soit un peu plus lucides et qu'on comprenne que la démagogie a toujours très, très bien marché. Évidemment, le mécanisme de fonctionnement et de fabrique de l'opinion, c'est, comment dire, c'est polarisé, sans doute encore plus avec les réseaux sociaux, donc ça facilite les choses. »