Nathalie Kosciusko-Morizet rompt le silence et mise sur Édouard Philippe
Huit ans après son retrait de la vie politique, Nathalie Kosciusko-Morizet (LR) a effectué un retour remarqué sur la scène publique. L'ancienne ministre de l'Écologie a annoncé ce mardi son soutien à Édouard Philippe pour l'élection présidentielle de 2027, saluant sa capacité à rassembler au-delà des clivages traditionnels.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Retirée de la vie politique depuis 2018, Nathalie Kosciusko-Morizet sort du silence et apporte son soutien à Édouard Philippe en vue de la présidentielle de 2027.
Pendant longtemps, Nathalie Kosciusko-Morizet avait disparu du paysage politique français. Battue aux élections législatives de 2017 puis retirée progressivement de la vie publique, l'ancienne ministre de l'Écologie et ancienne figure de la droite républicaine s'était consacrée au secteur privé, loin des joutes partisanes. Son retour médiatique, ce mardi sur France Inter, n'est donc pas passé inaperçu.
À 53 ans, celle qui fut l'une des personnalités les plus en vue de la droite française n'entend pas briguer de mandat. « Je ne suis candidate à rien », a-t-elle assuré. Mais elle a choisi de sortir de sa réserve pour apporter son soutien à un prétendant déjà déclaré à l'Élysée : Édouard Philippe.
L'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron, qui poursuit méthodiquement sa préparation en vue de 2027, engrange ainsi un nouveau soutien issu de l'ancienne famille gaulliste et libérale.
Un soutien venu de la droite modérée
Pour Nathalie Kosciusko-Morizet, la France aura besoin d'une personnalité capable de fédérer un électorat aujourd'hui fragmenté.
« On a besoin d'un grand rassemblement, a-t-elle expliqué, estimant qu'Édouard Philippe possède cette capacité à rassembler dans le calme et dans le dialogue ».
Cette prise de position n'est pas anodine. Ancienne ministre sous Nicolas Sarkozy, proche de François Fillon durant plusieurs années, NKM appartient à une génération politique qui a longtemps structuré la droite française avant l'effondrement progressif des Républicains.
Son ralliement illustre la capacité d'Édouard Philippe à attirer des responsables issus aussi bien de l'ancienne droite gouvernementale que du macronisme.
Un retour par les questions technologiques
Si elle ne prévoit pas de retour électoral, Nathalie Kosciusko-Morizet n'exclut pas de participer à la campagne présidentielle à venir.
« Je vais faire ce qui sera utile », a-t-elle indiqué, en citant notamment les sujets liés à l'intelligence artificielle.
L'ancienne ministre s'est récemment engagée dans les travaux d'un centre de recherche consacré à ces questions, après plusieurs années passées dans le secteur des infrastructures et de l'investissement.
Cette expertise pourrait constituer un atout pour Édouard Philippe, qui cherche à étoffer son projet sur les enjeux technologiques, industriels et économiques de la prochaine décennie.
Une figure qui n'avait plus pris part au débat politique
Le retour de Nathalie Kosciusko-Morizet met fin à près d'une décennie de retrait politique. En janvier 2018, quelques mois après sa défaite aux législatives, elle avait annoncé quitter la vie politique « pour les années qui viennent », avant de démissionner de son mandat de conseillère de Paris.
Depuis lors, ses interventions publiques sur la politique française étaient devenues rares. Son soutien à Édouard Philippe intervient alors que la bataille pour 2027 commence progressivement à se structurer. À droite comme au centre, l'ancien locataire de Matignon apparaît déjà comme l'un des principaux prétendants à la succession d'Emmanuel Macron.
Le ralliement de Nathalie Kosciusko-Morizet ne bouleversera sans doute pas à lui seul les équilibres électoraux. Il témoigne toutefois d'un mouvement plus large : celui d'une partie de l'ancienne droite gouvernementale qui voit en Édouard Philippe le candidat le plus susceptible de réunir un espace politique aujourd'hui dispersé entre macronistes, centristes et républicains modérés.