« Oui je l'ai dit » : Face à une victoire du RN, Bagayoko évoque la voie insurrectionnelle
Le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko a revendiqué ses précédents propos sur une possible « insurrection » en cas d'arrivée de l'extrême droite au pouvoir. Il appelle également à « inventer des formes de lutte » face à l'échéance de 2027.
Publié par Harrison du Bus
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Résumé de l'article
Bally Bagayoko assume ses propos sur une possible « insurrection » et appelle à organiser la résistance face à une éventuelle victoire de l'extrême droite en 2027.
Quelques semaines après une première polémique sur ses propos relatifs à une possible « insurrection », le député LFI Bally Bagayoko a récidivé. Lors d'une prise de parole à Saint-Denis, l'élu a assumé sans ambiguïté ses précédentes déclarations, tout en appelant les militants à s'organiser face à ce qu'il présente comme une menace existentielle en cas d'arrivée de « l'extrême droite » au pouvoir en 2027.
« Certains avaient critiqué quand j'ai dit : oui, la France est capable de se lever, y compris porter une insurrection. Oui, je l'ai dit », a-t-il déclaré devant son auditoire.
Une formule qui risque de relancer les critiques contre l'élu insoumis, alors que la référence à l'insurrection occupe une place particulièrement sensible dans le débat public français.
🔴 Bally Bagayoko : "Oui la France est capable de se lever et de porter une insurrection."
— French Carcan (@FrenchCarcan) June 10, 2026
✅ Troisième réitération d'appel à l'insurrection du maire de Saint-Denis dans la perspective d'une victoire du candidat du @RNational_off à l'élection présidentielle 2027. Et toujours… pic.twitter.com/EMxX5NBKar
Une insurrection présentée comme une possibilité historique
Loin de nuancer ses propos, Bagayoko les revendique pleinement. Selon lui, l'histoire de France démontrerait que les mouvements populaires peuvent surgir spontanément lorsque la population estime que sa dignité est atteinte.
« Quand je le dis, c'est parce que l'histoire de France nous rappelle qu'en fin de compte, le peuple n'a pas eu besoin quasiment de consigne pour le faire. Il l'a fait spontanément », affirme-t-il.
Pour le député, les grandes mobilisations populaires du passé constitueraient ainsi la preuve que des formes de résistance imprévisibles peuvent émerger lorsque certains équilibres politiques sont bouleversés.
L'échéance de 2027 en ligne de mire
Au cœur de son intervention se trouve toutefois une autre idée : la perspective d'une victoire du Rassemblement national lors de la prochaine élection présidentielle.
« Qui aujourd'hui est capable de dire ce qui va se passer en 2027 si l'extrême droite arrive en responsabilité ? Personne », lance-t-il.
Bagayoko estime que certaines catégories de la population seraient directement visées par un tel changement politique.
« Celles et ceux qui vont être les premiers frappés si ceux que nous ne voulons pas arrivent en responsabilité en 2027, c'est nous dans les quartiers populaires », poursuit-il.
Le député évoque également les personnes confrontées aux procédures administratives liées à l'immigration ainsi que celles qui seraient, selon lui, victimes de discriminations ou de contrôles abusifs.
« Inventer les formes de lutte »
L'élu insoumis ne se contente pas d'exprimer une inquiétude. Il appelle explicitement à l'organisation et à la mobilisation.
« La population a fait la démonstration qu'elle était capable d'être quasiment à contre-courant de tout ce que nous pouvons imaginer et inventer les formes de lutte », affirme-t-il.
Quelques instants plus tard, il ajoute, dans cette parole fuligineuse, qu'il existe une « impérieuse nécessité de pouvoir nous mettre en ordre pour pouvoir agir contre notre adversaire premier qui est quand même l'extrême droite ».
Ces formulations devraient nourrir les critiques de ceux qui accusent régulièrement certains responsables de gauche radicale d'entretenir une forme de délégitimation préventive d'une éventuelle alternance démocratique.
Les quartiers populaires : « territoires de résistance »
Une large partie de son intervention est également consacrée au rôle des quartiers populaires. Bagayoko les décrit comme des « territoires de résistance et de lutte », appelés selon lui à jouer un rôle central dans les mobilisations futures.
Il insiste sur la nécessité de développer l'éducation populaire afin « d'éveiller les consciences » et de mobiliser ce qu'il appelle « la grande masse populaire ».
Selon lui, cette dernière pourrait devenir un « allié de poids » pour faire émerger de nouveaux mouvements de contestation.
Une nouvelle polémique en perspective
Ces déclarations interviennent dans un contexte où les tensions politiques se cristallisent déjà autour de l'échéance présidentielle de 2027.
À droite, on verra dans les propos du maire une manière d'accréditer l'idée qu'une victoire du RN ne serait tout simplement pas acceptée par LFI.
Ses soutiens répondront qu'il s'agit d'une référence historique aux grandes mobilisations populaires qui ont jalonné l'histoire française.
Reste que l'emploi assumé du terme « insurrection », combiné à l'appel à « inventer les formes de lutte » et à la nécessité de « se mettre en ordre » face à l'extrême droite, devrait nourrir une nouvelle controverse politique dans les prochains jours.