France créole : Mélenchon ignore-t-il vraiment le sens du mot ?
Jean-Luc Mélenchon célèbre la « créolisation » de la France. Pourtant, le mot « créole » désigne historiquement, et pendant des siècles, les blancs nés dans les colonies européennes. Un usage politique qui fait l’impasse sur une longue mémoire linguistique.
Publié par Harrison du Bus
• Mis à jour le
Résumé de l'article
Mélenchon et la créolisation : le mot qui trahit. Le leader insoumis utilise un terme historiquement associé aux colons blancs pour appeler à la fin de la France blanche. Une confusion sémantique qui interroge.
Jean-Luc Mélenchon aime les mots. Il se présente volontiers en lettré, cite les classiques et fait de la langue française une arme politique. C’est précisément pour cette raison que son usage obsessionnel du terme « créolisation » mérite d’être examiné de près.
Il y a beau temps que le leader de La France insoumise fait de la « créolisation » l’horizon inévitable de la société française : brassage des populations, métissage généralisé, fin de la « France blanche historique ». Dernier exemple en date, un tweet où il invoque un « adage créole » pour appeler à chasser le Rassemblement national : « même poil, même bête ».
Notre but est de débarrasser le pays du RN et de ses candidats par la voie des urnes et la volonté du peuple lui-même. Rien de changé quelle que soit la candidature. Adage créole : « même poil, même bête » et vice versa. Chassons-les tous !
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) July 7, 2026
Le terme est devenu chez lui un véritable slogan. Pourtant, un détail historique et lexicographique frappe. Pendant des siècles, le mot « créole » n’a pas désigné le métissage généralisé ni la dissolution des identités européennes. Dans le français classique, administratif et littéraire, il désignait d’abord une personne d’origine européenne née dans les colonies.
Le sens premier du mot
L’étymologie est claire : du portugais et espagnol criollo, qui distinguait les enfants de colons nés sur place des métropolitains. Dans les Antilles françaises, on parlait de « blancs créoles » ou de « créoles blancs » pour désigner les descendants des premiers colons. Les békés de Martinique en sont l’incarnation la plus connue : une élite blanche issue de l’époque esclavagiste.
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