Palestine Action, une nouvelle mobilisation entraîne 139 arrestations à Londres
La police londonienne a arrêté au moins 139 personnes samedi, lors d’un rassemblement de soutien à Palestine Action. La Cour suprême examinera les 4 et 5 novembre l’interdiction de cette organisation propalestinienne.
Publié par A JS
Résumé de l'article
L’interdiction de Palestine Action fera l’objet d’une audience devant la Cour suprême britannique les 4 et 5 novembre. Après deux décisions judiciaires opposées, le groupe demeure proscrit. Une mobilisation devant l’ambassade américaine à Londres a entraîné au moins 139 arrestations samedi.
Plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi 31 octobre devant l’ambassade américaine à Londres, en soutien à Palestine Action. La Metropolitan Police a annoncé au moins 139 interpellations.
Les policiers ont commencé les arrestations peu après le début du rassemblement, selon un journaliste de l’AFP. La plupart des participants brandissaient cette pancarte « Je m’oppose au génocide, je soutiens Palestine Action ».
Le collectif Defend Our Juries organisait cette mobilisation avant une nouvelle étape judiciaire. Une autre manifestation a eu lieu à Édimbourg, en Écosse.
Palestine Action interdite depuis juillet 2025
Le gouvernement travailliste a interdit Palestine Action le 5 juillet 2025, en application de la législation antiterroriste. Cette décision a suivi plusieurs attaques contre des installations militaires et des entreprises de défense.
Parmi les actions évoquées figure l’intrusion sur la base aérienne de Brize Norton, en juin 2025. Des militants y avaient endommagé deux avions militaires avec de la peinture.
Les autorités invoquent aussi une attaque contre un site d’Elbit Systems, près de Bristol, en 2024. Elles estiment que les destructions commises dépassent le cadre de la contestation et relèvent du terrorisme.
Aux États-Unis, le Trésor américain a annoncé des sanctions antiterroristes contre Palestine Action le 26 août 2026. Washington reproche notamment au groupe ses attaques contre des infrastructures de défense et des installations militaires britanniques.
Une bataille judiciaire encore ouverte
Huda Ammori, cofondatrice de l’organisation, conteste son interdiction devant la Cour suprême britannique. Celle-ci tiendra audience mercredi 4 et jeudi 5 novembre.
La procédure a déjà connu deux décisions opposées. En février, la Haute Cour avait jugé l’interdiction illégale, notamment au regard des libertés d’expression et de réunion.
La cour d’appel a renversé cette décision le 15 juin. Elle a considéré l’interdiction légale et proportionnée, après examen des libertés individuelles et des impératifs de sécurité.
Des poursuites pour soutien au groupe
L’interdiction expose notamment à des poursuites les personnes qui appellent à soutenir l’organisation. La loi vise également certaines expressions publiques de soutien, selon les circonstances et les conditions prévues par les textes.
Les infractions d’appartenance et de soutien relevant des articles 11 et 12 du Terrorism Act peuvent entraîner jusqu’à quatorze ans d’emprisonnement.
Defend Our Juries dénombre plus de 4.000 arrestations depuis l’interdiction, sans inclure celles de samedi. Ce bilan - sous toute réserve d'usage - provient du collectif qui organise les manifestations de soutien.