Paul Magnette et le foyer anderlechtois : Ce n’est plus le temps de la chasse aux parvenus au PS ? (ANALYSE)
Le scandale du foyer anderlechtois place Paul Magnette face à un dilemme redoutable : protéger la présomption d’innocence et éviter l’emballement médiatique, ou afficher immédiatement une ligne de fermeté pour éviter l’image d’un PS refermé sur lui-même.
Publié par Nicolas de Pape
Résumé de l'article
-Le scandale du foyer anderlechtois place Paul Magnette face à un risque majeur : donner l’image d’un PS qui temporise et protège les siens.
-Vingt ans après la « chasse aux parvenus » de Di Rupo, le parti semble à nouveau rattrapé par ses vieux démons.
Le contraste est saisissant. Là où le PS d’Elio Di Rupo avait choisi, au milieu des années 2000, la rupture spectaculaire face aux scandales qui secouaient le parti, Paul Magnette semble aujourd’hui miser sur la prudence, voire sur la temporisation, dans le dossier explosif du foyer anderlechtois. Une stratégie à haut risque politique.
Car l’enquête diffusée par l’émission Pano a produit un effet dévastateur dans l’opinion publique. Le reportage a installé l’idée d’un système opaque, de pratiques discutables et d’une gouvernance difficilement défendable dans un secteur déjà particulièrement sensible : celui du logement social. Dans ce contexte, affirmer qu’il ne faut « pas tirer les conclusions trop vite » revient, pour beaucoup d’électeurs, à donner le sentiment d’un PS qui cherche d’abord à protéger les siens.
Et c’est précisément là que réside le danger pour Paul Magnette.
L’exact inverse de la méthode Di Rupo
L’histoire est d’autant plus ironique que la carrière nationale de Paul Magnette est intimement liée à une autre grande crise socialiste : celle de la Carolorégienne. À l’époque, Elio Di Rupo avait compris qu’il fallait frapper fort pour sauver le parti. Son slogan politique était clair : « chasser les parvenus » du PS.
Le président socialiste de l’époque voulait montrer à l’opinion qu’aucune protection ne serait accordée aux responsables éclaboussés par les affaires. Cette stratégie de fermeté avait aussi un objectif interne : casser le pouvoir de la vieille garde carolorégienne incarnée notamment par Jean-Claude Van Cauwenberghe.
C’est dans ce contexte que Di Rupo avait propulsé Paul Magnette au premier plan. Le professeur d’université apparaissait alors comme le visage du renouveau moral et intellectuel du PS. Il incarnait la rupture avec les baronnies locales et les pratiques anciennes.
Vingt ans plus tard, le symbole est cruel : celui qui avait émergé grâce à une opération de nettoyage politique donne aujourd’hui l’impression de refuser de voir l’ampleur d’un scandale qui choque largement au-delà des seuls adversaires du PS.
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