« Je vais t’envoyer des Géorgiens » : Éric Ciotti dépose plainte contre le ministre Philippe Tabarot
Éric Ciotti annonce saisir la Cour de justice de la République après ce qu’il présente comme des menaces proférées par le ministre des Transports Philippe Tabarot lors d’un événement officiel à Nice. Le maire niçois réclame son exclusion du gouvernement.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Éric Ciotti accuse le ministre Philippe Tabarot de l’avoir menacé de mort et annonce une plainte devant la Cour de justice de la République.
Une accusation d'une gravité exceptionnelle secoue la majorité présidentielle. Invité sur TF1, Éric Ciotti a affirmé avoir été victime de menaces de mort de la part du ministre des Transports, Philippe Tabarot, lors d'un déplacement officiel organisé à Nice en présence du président de la République Emmanuel Macron et du Premier ministre indien Narendra Modi.
Le maire de Nice a annoncé dans la foulée le dépôt d'une plainte devant la Cour de justice de la République, seule juridiction compétente pour juger les actes commis par un membre du gouvernement dans l'exercice de ses fonctions.
Sur les réseaux sociaux, Éric Ciotti a publié un message particulièrement offensif. « "Je vais te faire disparaître, je vais t'envoyer des Géorgiens" : je dépose plainte ce jour devant la Cour de justice de la République contre le ministre des Transports Philippe Tabarot. Ces menaces sont inacceptables et d'une gravité extrême. Je demande l'exclusion de ce personnage du gouvernement. »
"Je vais te faire disparaître, je vais t'envoyer des georgiens" : Je dépose plainte ce jour devant la cour de justice de la République contre le ministe des transports, Philippe Tabarot. Ces menaces sont inacceptables et d'une gravité extrême. Je demande l'exclusion de ce… pic.twitter.com/MQWBbdjhH7
— Eric Ciotti (@eciotti) June 17, 2026
Un incident lors d'un sommet international
Selon le récit livré par l'ancien président des Républicains, les faits se seraient produits à Nice, à l'occasion de la visite du Premier ministre indien Narendra Modi.
Éric Ciotti explique qu'il se trouvait derrière Emmanuel Macron et Narendra Modi lorsque Philippe Tabarot serait venu l'interpeller.
Je me vois agressé derrière moi par un ministre que personne ne connaît et qui me dit : "Je vais te faire disparaître, je vais t'envoyer des Géorgiens".
Éric Ciotti
Le député affirme que plusieurs témoins auraient assisté à la scène. « Il y a des témoins. Je ne veux rien laisser passer. C'est d'une gravité extrême. »
« Il m'a menacé de mort »
Au-delà de l'échange politique, Éric Ciotti estime que les propos qu'il attribue au ministre relèvent désormais du pénal. Selon lui, Philippe Tabarot lui aurait également lancé : « Tu n'as rien à faire ici, tu n'es pas macroniste ».
Pour le Niçois, ces paroles témoigneraient d'une confusion entre exercice du pouvoir et intérêts partisans. « On parle de la violence, on parle de l'exemplarité. Mais qu'un ministre qui est en charge de l'intérêt général vienne parler de ses intérêts électoraux dans un sommet international, c'est déjà problématique. »
Puis il est allé plus loin encore : « Là, on rentre dans un autre cadre. C'est la violence contre un maire. Il m'a menacé de mort. »
La Cour de justice de la République saisie
Estimant que Philippe Tabarot agissait dans le cadre de ses fonctions ministérielles au moment des faits, Éric Ciotti a annoncé engager une procédure devant la Cour de justice de la République.
Aujourd'hui, je déposerai une requête devant la Cour de justice de la République, qui est la seule à même de pouvoir poursuivre pénalement des ministres.
Éric Ciotti
Cette juridiction, régulièrement critiquée mais toujours en activité, est compétente pour examiner les infractions éventuellement commises par les membres du gouvernement dans l'exercice de leurs fonctions.
Le dépôt d'une plainte ne préjuge évidemment pas de la réalité des faits allégués. La commission des requêtes de la Cour devra d'abord examiner la recevabilité de la démarche avant toute éventuelle suite judiciaire.
Une pression sur Sébastien Lecornu
Au-delà du volet judiciaire, Éric Ciotti demande désormais une réaction politique immédiate du Premier ministre Sébastien Lecornu.
« J'attends une réponse du Premier ministre et j'attends que ce personnage soit exclu du gouvernement. »
Si les accusations étaient confirmées, elles constitueraient un épisode sans précédent récent au sein de la vie politique française. L'affaire intervient dans un climat politique déjà marqué par une forte polarisation du débat public et par les appels répétés des responsables politiques à davantage d'exemplarité dans les comportements et les propos tenus par les représentants de l'État.