Saint-Josse : Emir Kir charge Laaouej et remercie Bouchez et Quintin
Sous pression sur les finances de Saint-Josse, Emir Kir dénonce sur BX1 un « acharnement politique » et vise Ahmed Laaouej. Sur la sécurité, il remercie Georges-Louis Bouchez et Bernard Quintin, mais assure : « Je n’ai pas changé ».
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Emir Kir reconnaît un « dérapage budgétaire » à Saint-Josse mais estime sa commune injustement traitée par la Région.
- Il évoque un « acharnement politique » et met directement en cause Ahmed Laaouej.
- Sur le quartier Nord, il remercie Georges-Louis Bouchez et Bernard Quintin, tout en écartant l'idée d'un changement de ligne politique.
Sous pression de la Région bruxelloise en raison des finances de Saint-Josse, Emir Kir contre-attaque. Invité de Michel Geyer ce mercredi matin sur BX1, le bourgmestre reconnaît un « dérapage budgétaire » mais estime que sa commune fait l’objet d’un traitement particulier. Il met directement en cause Ahmed Laaouej et, sur la sécurité dans le quartier Nord, remercie Georges-Louis Bouchez et Bernard Quintin. De quoi alimenter les interrogations sur son positionnement politique.
Emir Kir ne conteste pas les difficultés financières de Saint-Josse-ten-Noode. Mais le bourgmestre indépendant refuse la manière dont la Région bruxelloise gère le dossier. Sur BX1, il a reconnu que sa commune avait connu « un dérapage budgétaire en 2024 » et qu’elle aurait dû « être à l’équilibre en 2026 ».
La commune est sous pression de la tutelle régionale. Après un premier avertissement avant l’été, un deuxième pourrait suivre. À terme, la procédure peut conduire à l'intervention d'un commissaire du gouvernement.
Une perspective qui fait bondir Emir Kir. « On verrait un monarque débarquer à Saint-Josse, décider des finances et du budget ? Nous sommes prêts à répondre à la Région mais il nous faut un interlocuteur », a-t-il lancé sur BX1.
« Il faut être sourd et aveugle »
Le bourgmestre estime surtout que Saint-Josse ne bénéficie pas du même traitement que les autres communes bruxelloises.
« Je regrette que nous ne soyons pas traités comme toutes les communes bruxelloises. Il y a eu une absence de réponse de la part de la Région et du ministre de tutelle », affirme-t-il.
Emir Kir va plus loin en évoquant un « acharnement politique ». Interrogé sur le rôle que jouerait Ahmed Laaouej, ministre bruxellois des Finances et président de la Fédération bruxelloise du PS, il ne cherche pas à esquiver : « Il faut être sourd et aveugle pour ne pas le voir. (…) Posez-lui la question. »
Une attaque politiquement sensible venant d'un ancien socialiste. Emir Kir a été exclu du PS en 2020 et siège depuis comme indépendant.
Le quartier Nord : « Les habitants sont terrorisés »
L'autre sujet central de l'interview concerne le quartier Nord et les problèmes de sécurité qui y sont dénoncés depuis plusieurs mois.
Le bourgmestre de Saint-Josse dresse un constat particulièrement sombre. « Il y a régulièrement des délits extrêmement graves. (…) Les habitants sont terrorisés et n’osent plus sortir le soir », affirme-t-il.
Il s'en prend également à ceux qu'il qualifie de « droits-de-l'hommistes » et qui, selon lui, minimiseraient la situation dans le quartier.
Ses déclarations interviennent quelques jours après la visite dans le quartier Nord de plusieurs responsables libéraux, dont Georges-Louis Bouchez et le ministre de l'Intérieur Bernard Quintin.
Kir remercie Bouchez et Quintin
D'ailleurs, Emir Kir assume pleinement cette rencontre avec les responsables du MR.
« C’était une rencontre citoyenne avec les riverains. Je remercie Georges-Louis Bouchez et Bernard Quintin, ils ont pris le temps d’écouter les habitants », explique-t-il.
Le bourgmestre dit également avoir profité de leur présence pour faire passer un message au gouvernement fédéral : « Je leur ai demandé de mettre la pression sur la ministre de la Justice pour que, quand on commet des délits graves, on aille en prison. »
Vers le MR ? « Je n’ai pas changé »
Entre son affrontement avec plusieurs responsables socialistes et ses bonnes relations affichées avec certaines figures du MR, la question de l'évolution politique d'Emir Kir se pose inévitablement.
Le principal intéressé ne ferme ni n'ouvre explicitement la porte à un éventuel rapprochement avec les libéraux.
« Ce qui m’importe, c’est de travailler avec toutes les bonnes volontés », répond-il lorsqu'il est interrogé sur une possible adhésion au MR.
Et à ceux qui verraient dans ses positions sur la sécurité un glissement vers la droite, Emir Kir répond simplement : « Je n’ai pas changé ».
Une formule qui lui permet de maintenir l'ambiguïté : le bourgmestre revendique son indépendance politique tout en assumant désormais publiquement ses convergences avec le MR sur certains dossiers, en particulier la sécurité dans le quartier Nord.