Stéphane Bern prendra bien la tête du chantier de la flèche de Saint-Denis
Élu à l'unanimité à la tête de l'association chargée de reconstruire la flèche de la basilique de Saint-Denis, Stéphane Bern entend faire de ce chantier « l'un des plus grands projets patrimoniaux d'Europe ». Une nomination contestée par le maire LFI Bally Bagayoko, qui évoque des irrégularités.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Stéphane Bern prend la présidence de l'association chargée de reconstruire la flèche de la basilique de Saint-Denis. Contesté par le maire LFI Bally Bagayoko, il défend une élection régulière et appelle au rassemblement autour du patrimoine.
Après avoir joué un rôle majeur dans la renaissance de Notre-Dame de Paris, Stéphane Bern prend désormais les commandes d'un autre chantier emblématique du patrimoine français. Élu à l'unanimité à la présidence de l'association Suivez la Flèche, l'animateur et défenseur du patrimoine pilotera la reconstruction de la flèche et de la tour nord de la basilique cathédrale de Saint-Denis, malgré la contestation du maire insoumis Bally Bagayoko.
Cette nomination marque une rupture avec la tradition. Jusqu'à présent, la présidence de l'association revenait aux maires de Saint-Denis. Bally Bagayoko estimait donc devoir succéder à ses prédécesseurs, mais Stéphane Bern a présenté sa candidature. Après le retrait du maire, l'animateur a été élu à l'unanimité.
Depuis, l'édile dénonce de supposées irrégularités dans le scrutin et n'exclut pas un recours en justice.
« Ce n'est pas héréditaire comme dans une monarchie »
Interrogé par Le Parisien, Stéphane Bern a rejeté ces critiques. « Je tiens à rappeler que ce poste de président est bénévole et que dans cette association de loi 1901, le président est élu. Ce n'est pas héréditaire comme dans une monarchie », a-t-il déclaré.
L'animateur souligne que Bally Bagayoko a retiré sa candidature avant le vote et rappelle que chacun reste libre de saisir la justice s'il estime que la procédure n'a pas été respectée.
Refusant d'alimenter la polémique, il affirme avoir proposé au maire ainsi qu'à son adjointe des postes de vice-présidents afin de travailler ensemble.
« Je veux travailler avec tout le monde. Je n'ai pas de parti politique, mon seul parti, c'est le patrimoine », assure-t-il.
Un chantier estimé à plusieurs dizaines de millions d'euros
Au-delà de la controverse, Stéphane Bern entend surtout accélérer l'un des plus ambitieux projets patrimoniaux actuellement menés en Europe.
La reconstruction de la flèche disparue en 1846 doit permettre de restituer à la basilique de Saint-Denis sa silhouette d'origine. L'édifice, considéré comme le berceau de l'architecture gothique et la nécropole des rois et reines de France, constitue l'un des monuments les plus emblématiques du patrimoine national.
Parrain du projet depuis plus de dix ans et chargé de la Mission Patrimoine depuis 2017, Stéphane Bern souhaite désormais mobiliser davantage de mécénat, de financement participatif et de communication afin de réunir les derniers millions d'euros nécessaires au chantier.
Il évoque notamment des émissions spéciales, des vidéos et des ateliers pédagogiques pour mieux faire connaître cette basilique, qu'il décrit régulièrement comme la « grande sœur de Notre-Dame ».
Une ambition patrimoniale
Pour Stéphane Bern, ce chantier dépasse largement les clivages politiques.
Son objectif est de faire de la reconstruction de la flèche de Saint-Denis l'un des plus grands projets patrimoniaux européens de la décennie, capable d'attirer de nouveaux visiteurs tout en redonnant toute sa place à un monument majeur de l'histoire de France.