« Sur 348 milliards de dépenses, on doit pouvoir en trouver 10 » : Bouchez croit à un accord budgétaire
Après le refus du Roi Philippe d'accepter la démission de Bart De Wever, Georges-Louis Bouchez se dit convaincu qu'un accord budgétaire reste possible. Le président du MR assure que 70 % du travail est déjà réalisé et appelle ses partenaires à privilégier la croissance économique.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Georges-Louis Bouchez se dit certain qu'un accord budgétaire est possible après la décision du Roi de maintenir Bart De Wever.
- Le président du MR estime que 70 % du travail est accompli et que les discussions portent encore sur 2 à 3 milliards d'euros.
- Il appelle à des concessions sans sacrifier la croissance économique et souhaite un accord rapide.
Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, accueille avec confiance la décision du Roi Philippe de ne pas accepter la démission du Premier ministre Bart De Wever et de lui demander de reprendre les négociations budgétaires. Alors que les partenaires de la majorité doivent toujours trouver 10 milliards d'euros pour redresser les finances publiques d'ici 2029, le libéral francophone estime qu'une solution reste à portée de main.
« Je suis certain qu'on peut avoir un accord. Il y a 348 milliards d'euros de dépenses publiques dans ce pays. Me dire qu'on n'arrivera pas à trouver 10 milliards sur 348, ce n'est pas très raisonnable », affirme Georges-Louis Bouchez.
Pour le président du MR, la décision du souverain et les engagements pris par les partis de la majorité peuvent contribuer à rétablir un climat propice aux discussions.
« Tout le monde a pu se positionner sur le fait qu'il était indispensable de réussir, et que des élections seraient quelque chose de complètement irresponsable compte tenu de la situation économique de l'Europe et budgétaire de la Belgique. »
Il voit également dans la volonté affichée des partenaires de poursuivre les négociations un signal encourageant.
« Parfois, il pouvait y avoir des doutes sur la volonté de l'un ou l'autre partenaire. Si tous les partenaires, comme l'a indiqué le Palais, s'engagent vis-à-vis du Roi sur une volonté de réussite, c'est déjà important pour pouvoir tisser un climat favorable à trouver une solution. »
« Au moins 70 % du travail a été réalisé »
Georges-Louis Bouchez tient également à relativiser l'ampleur des désaccords qui subsistent entre les partenaires de la majorité. Selon lui, les négociations menées avant la démission de Bart De Wever avaient déjà permis d'importantes avancées.
« Avant même la démission, il y avait déjà beaucoup de concessions sur la table et au moins 70 % du travail qui avait été réalisé. On le sait, ce sont toujours les derniers milliards qui sont les plus compliqués à aller chercher. »
Le président du MR chiffre désormais le périmètre des discussions les plus difficiles.
« Il va falloir travailler dans ce périmètre de 2 à 3 milliards où se concentrent les discussions entre partenaires, mais tout n'est pas à jeter. »
Une manière de rappeler que les négociateurs ne repartent pas de zéro et que les compromis déjà engrangés doivent pouvoir servir de base à une reprise rapide des discussions.
La croissance économique, une priorité pour le MR
Au-delà des économies à réaliser, Georges-Louis Bouchez insiste sur un élément du communiqué royal qu'il juge particulièrement important : la nécessité de stimuler la croissance économique.
« Il y a une nouveauté : c'est le fait d'insister sur le fait de stimuler la croissance économique. Le MR répétait souvent cela ; on était un peu seuls quand on évoquait la question. Je vois maintenant que c'est devenu un élément du cahier des charges du gouvernement : stimuler cette croissance. »
Pour le président libéral, le redressement des finances publiques ne peut pas se limiter à une recherche de recettes supplémentaires ou à une succession de mesures budgétaires. Il doit également s'accompagner d'une politique favorable à l'activité économique.
« Toutes les décisions qui sont prises doivent aller dans une amélioration de la croissance économique de ce pays. Je pense que c'est fondamental, car le premier problème est avant tout économique avant même d'être budgétaire. »
Cette position s'inscrit dans la ligne défendue par le MR depuis le début des négociations, notamment dans son opposition à certaines pistes d'augmentation de la fiscalité.
Des concessions possibles, mais pas à n'importe quel prix
Le président du MR ne ferme pas la porte aux compromis. Il rappelle toutefois que ceux-ci doivent respecter les principes fondamentaux défendus par sa formation.
« Oui, il y a des possibilités, à condition que tout le monde fasse des efforts, sans pour autant faire un mauvais compromis. »
Interrogé sur la possibilité de revoir certaines positions, notamment dans le débat fiscal, Georges-Louis Bouchez refuse de détailler publiquement les concessions envisageables.
« On ne va pas faire cela dans les médias. Il y a des principes fondamentaux qui demeurent essentiels pour notre économie et pour notre pays, donc on ne va pas revenir tout le temps avec les anciens débats. »
Il rappelle par ailleurs que la recherche de compromis fait partie intégrante du fonctionnement politique belge.
« Par essence, le système est fait de concessions. J'ai déjà bouclé six accords de gouvernement, je sais comment fonctionne le système belge. »
Les présidents de parti prêts à revenir à la table
Georges-Louis Bouchez ne voit aucun obstacle à son implication personnelle, tout en soulignant sa parfaite coordination avec le vice-Premier ministre MR, David Clarinval.
« Gros scoop: en Belgique, les présidents de parti ont une influence importante. Je ne sais pas comment fonctionnent les autres partis, mais ce que je peux vous dire, c'est que nous sommes parfaitement alignés. On se téléphone plusieurs fois par jour, on prend les mêmes positions. »
Le président du MR se dit donc disponible pour participer aux prochaines réunions, quelle que soit la formule retenue.
« Si on demande les présidents, je viendrai ; si on demande le Vice-Premier ministre, David y ira, ou on peut même aller à deux, pas de problème avec ça. »
Un accord rapide, sans s'enfermer dans une date
Alors que les discussions doivent reprendre, Georges-Louis Bouchez refuse de faire de l'échéance du 16 novembre une ligne rouge absolue.
« Il faut juste travailler sérieusement avec la volonté de réussir. Si on y arrive le 14 novembre, on sera heureux ; si c'est le 18, personne ne sera triste non plus. »
Il insiste néanmoins sur l'urgence de sortir de l'impasse, la crise budgétaire empêchant le gouvernement de progresser sur d'autres dossiers.
« Il est clair qu'il faut finir à courte échéance, il n'est pas question de faire durer les choses car cela bloque le reste de l'activité gouvernementale. »
Quant à la méthode pour parvenir à un accord, le président du MR conclut sur un appel à sortir des positions habituelles.
« La chance ne sourit qu'aux audacieux, donc il faudra qu'on fasse preuve d'audace dans les propositions. »