« Sursaut », « urgence », « espoir » : après le triomphe de l’AfD, la grande panne des idées (analyse)
Après les 43,8 % de l’AfD en Saxe-Anhalt, les responsables politiques multiplient les appels au « sursaut », à « l’espoir » et aux « réponses concrètes ». Mais lesquelles ?
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Après les 43,8 % de l’AfD en Saxe-Anhalt, les responsables politiques multiplient les appels au « sursaut », à « l’espoir » et aux « réponses concrètes ». Mais lesquelles ?
Il y aurait pourtant de quoi parler politique. Avec 43,8 % des suffrages et 39 des 83 sièges du Landtag, l’AfD vient de réaliser en Saxe-Anhalt le meilleur résultat régional de son histoire. La CDU du chancelier Friedrich Merz s’effondre à 17,2 %. L’AfD échoue à trois sièges seulement de la majorité absolue.
Et il ne s’agit pas simplement d’une droite conservatrice particulièrement musclée. La branche de Saxe-Anhalt est classée comme extrémiste de droite par le renseignement intérieur régional. Le parti défend une politique d’immigration et d’expulsions extrêmement dure, veut rompre le soutien allemand à l’Ukraine et restaurer les relations avec Moscou. Son rapport à l’histoire allemande et les complaisances de certains de ses responsables envers le nazisme ont même conduit le RN à rompre avec lui en 2024. Il existe donc des raisons sérieuses de s’alarmer. Mais une alarme n’est toujours pas une politique.
Merz ne voulait pas laisser l’AfD « dénigrer » l’Allemagne
Friedrich Merz en avait fourni une illustration presque parfaite la veille du vote. « Nous ne laisserons pas ces gens dénigrer notre pays jusqu’à le démolir », lançait le chancelier à propos de l’AfD, tout en rappelant les réussites de la République fédérale depuis près de 80 ans. Il réagissait notamment à un dirigeant régional de l’AfD ayant décrit l’État allemand dans des termes particulièrement orduriers.
Le lendemain, près de 44 % des électeurs de Saxe-Anhalt choisissaient précisément « ces gens-là ».
Le résultat aurait pu provoquer une grande discussion sur ce que ces électeurs venaient de dire. Les enquêtes montrent notamment une forte insatisfaction sur le coût de la vie, les retraites, l’insécurité économique et la politique étrangère. 87 % des électeurs du Land se disent mécontents du gouvernement Merz. En France, il a surtout provoqué une formidable production de mots.
Tout le monde réclame désormais des « réponses concrètes »
Gabriel Attal a pourtant formulé le problème avec une certaine justesse : « faire barrage à l’extrême droite » ne constitue pas un projet politique. L’ancien Premier ministre réclame donc « une vision », des « mesures concrètes », de « l’optimisme », de « l’espoir » et un changement profond de modèle.
Les mesures concrètes ? Elles se font attendre.
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