Volkswagen veut supprimer jusqu’à 100.000 emplois pour survivre à la concurrence chinoise
Concurrence chinoise, droits de douane américains et coûts allemands : Volkswagen envisage désormais jusqu’à 100.000 suppressions de postes. Son patron Oliver Blume veut réduire drastiquement le groupe et décentraliser sa production, au risque d’un affrontement historique avec les syndicats et la Basse-Saxe.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Volkswagen envisage jusqu’à 100.000 suppressions d’emplois pour retrouver sa compétitivité face aux constructeurs chinois. Le plan d’Oliver Blume se heurte aux syndicats et à la Basse-Saxe et pourrait bouleverser le modèle industriel allemand.
Sommaire
- Jusqu’à 100.000 emplois supprimés
- La Chine attaque désormais Volkswagen chez lui
- Trump referme également le marché américain
- Produire chinois en Chine, américain en Amérique
- À Wolfsburg, quatre salariés sur cinq travaillent dans des bureaux
- « Volkswagen ne fonctionne pas uniquement selon les règles capitalistes »
- La Basse-Saxe monte au front
- Blume envisage l’option nucléaire
- Volkswagen face au choix allemand
Pendant des décennies, Volkswagen fut l’une des meilleures démonstrations de la puissance du modèle industriel allemand : des voitures conçues en Allemagne, souvent fabriquées dans ses immenses usines nationales, puis vendues à travers la planète, notamment à des millions de consommateurs chinois.
C'est précisément ce modèle qu'Oliver Blume veut désormais profondément transformer. Selon le Wall Street Journal, le patron de Volkswagen a présenté cet été un projet qui pourrait porter à 100.000 le nombre de suppressions d'emplois envisagées dans le groupe. Il souhaite réduire les frais généraux, diminuer considérablement le nombre de modèles et donner davantage d'autonomie aux différentes régions du monde.
En substance : faire de la plus grande entreprise allemande un groupe plus petit, plus décentralisé et surtout moins dépendant de l'Allemagne. Mais avant d'affronter BYD et les autres constructeurs chinois, Oliver Blume doit affronter son propre conseil de surveillance.
Jusqu’à 100.000 emplois supprimés
Volkswagen emploie encore beaucoup plus de salariés par véhicule produit que nombre de ses concurrents.
Le groupe comptait environ 680.000 employés dans le monde fin 2024 et produit quelque 150 modèles à travers ses différentes marques, parmi lesquelles Volkswagen, Audi et Porsche.
Oliver Blume veut réduire ce nombre de modèles de moitié, rapporte le WSJ. Le patron reconnaît lui-même l'accumulation qui s'est produite au fil des décennies.
« Au fil des années, nous avons accumulé des structures, des capacités et des effectifs », expliquait-il récemment aux salariés. Il dénonce « trop d'interfaces, trop de niveaux, trop de structures faisant double emploi ».
Volkswagen s'était déjà entendu avec les représentants des salariés sur des réductions de capacités et d'effectifs. Avec les accords conclus chez Volkswagen, Audi et Porsche, quelque 50 000 suppressions de postes en Allemagne avaient été négociées, essentiellement par des départs volontaires et des retraites anticipées.
Mais cela pourrait ne plus suffire. Les équipes d'Oliver Blume estiment que 50.000 postes supplémentaires pourraient devoir disparaître afin de rapprocher les frais généraux du groupe de ceux de ses concurrents. Le total atteindrait alors 100 000 emplois.
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