Un journaliste infiltre une traversée de la Manche et raconte comment les passeurs échappent aux contrôles
Après un an d’infiltration, un journaliste britannique a traversé la Manche à bord d’un canot de migrants. Son récit dévoile les rouages étonnamment souples des filières de passeurs et raconte une scène particulièrement embarrassante pour les autorités françaises.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Un journaliste britannique a infiltré une filière de passeurs et traversé la Manche avec 35 migrants. Il raconte les méthodes des trafiquants et les failles des contrôles français.
Il aura payé 1.400 euros, marché jusqu’à 42.000 pas en une journée, dormi dans les bois, couru à travers les dunes et subi un premier départ avorté avant de parvenir jusqu’à Douvres. Christian Drogan, journaliste pour Watchman Media, raconte dans le Telegraph avoir infiltré pendant près d’un an les filières qui organisent les traversées clandestines de la Manche.
L'expérience ne livre pas seulement un récit spectaculaire de l'intérieur des « small boats ». Elle met surtout en lumière la remarquable capacité des réseaux de passeurs à absorber les interventions policières et contient une observation plus embarrassante encore : certains trafiquants accompagneraient les migrants au début de leur traversée avant de revenir en France — parfois, affirme Drogan, avec l'aide involontaire des autorités françaises.
1 400 euros pour atteindre l'Angleterre
Pour pénétrer le réseau, le journaliste raconte avoir d'abord essayé différentes identités. Son apparence lui permettait, dit-il, de se faire passer pour un Kurde tant qu'il gardait le silence. La barrière linguistique rendant rapidement la supercherie intenable, il finit par adopter une autre histoire : il se présente comme un Britannique ayant fui en Espagne après des démêlés avec la justice et cherchant désormais à rentrer clandestinement dans son pays.
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