Une médiation pour sortir de la crise à l'aéroport de Charleroi ? Jean-Luc Crucke pose une condition
Jean-Luc Crucke propose une médiation extérieure pour tenter de débloquer le conflit social qui perturbe l’aéroport de Charleroi. Le ministre de la Mobilité pose toutefois une condition : la suspension du mouvement pendant les discussions.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Jean-Luc Crucke propose une médiation neutre et indépendante entre skeyes et les représentants des travailleurs.
- Le ministre affirme ne vouloir déterminer ni « qui a tort ou qui a raison », ni se substituer à la concertation sociale.
- La médiation serait conditionnée à la suspension du mouvement social pendant toute la durée des discussions.
Le ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke (Les Engagés), veut tenter de débloquer le conflit social qui perturbe le contrôle aérien à Brussels South Charleroi Airport. Il propose aux parties de recourir à une médiation « neutre et indépendante ». Une initiative assortie d’une condition : le mouvement social devrait être suspendu pendant la durée de cette médiation.
Face à un conflit qui perdure à l’aéroport de Charleroi, Jean-Luc Crucke veut tenter de recréer les conditions d’un dialogue entre skeyes et les représentants des travailleurs.
Le ministre fédéral de la Mobilité propose le recours à une médiation extérieure, avec pour objectif de remettre les différentes parties autour de la table.
Les perturbations liées au mouvement social ne concernent plus seulement les relations entre skeyes et son personnel. Elles ont également des conséquences sur les voyageurs, les compagnies aériennes, les travailleurs de l’aéroport et, plus largement, sur l’activité économique dépendant de la plateforme carolo.
« Je ne suis pas là pour désigner qui a tort ou qui a raison »
Jean-Luc Crucke prend toutefois soin de ne pas intervenir sur le fond du conflit. Le ministre précise qu’il n’entend « pas se substituer à la concertation sociale, ni prendre position sur les revendications des parties ».
Il rappelle également que l’incidence financière des revendications des contrôleurs dépend de la Région wallonne, en vertu de l’application de l’accord de coopération de 1989. Mais il constate que les discussions menées ces dernières semaines et les propositions déjà formulées n’ont pas permis de sortir de l’impasse.
« Je ne suis pas là pour désigner qui a tort ou qui a raison. Les positions sont connues et le dialogue social doit pouvoir suivre son cours. Mais lorsque le conflit s’enlise et que ses conséquences touchent chaque jour des voyageurs, des travailleurs et toute l’activité économique d’un aéroport, nous devons essayer de recréer les conditions du dialogue. C’est tout le sens de cette proposition de médiation », explique Jean-Luc Crucke.
Une médiation entre skeyes et les travailleurs
La mission envisagée aurait plusieurs objectifs : rétablir un espace de dialogue entre skeyes et les représentants des travailleurs, identifier les points sur lesquels un rapprochement reste possible et accompagner les deux parties dans la recherche d’une solution négociée.
Le ministre fédéral de l’Emploi, David Clarinval (MR), qui exerce la tutelle sur le service concerné, a été informé de cette démarche.
Mais Jean-Luc Crucke pose une condition importante à son initiative. La médiation ne pourrait être mise en œuvre qu’en cas de suspension du mouvement social pendant toute la durée de la mission. L’objectif est de permettre aux discussions de reprendre sans que le conflit continue simultanément à produire ses effets sur les activités de l’aéroport.
« Il s’agit là d’une chance à saisir afin que chacune et chacun puissent démontrer que la concertation sociale signifie encore quelque chose au sein de skeyes », insiste le ministre.