Violences à Bruxelles : Sophie Rohonyi appelle Ecolo à « recadrer ses élues » après leurs propos sur les casseurs
Après le saccage du siège du PS bruxellois, la présidente de DéFI, Sophie Rohonyi, interpelle la direction d'Ecolo. Elle accuse plusieurs élues écologistes de minimiser les violences des casseurs et de jeter le discrédit sur les policiers. « Nous avons besoin d'appels au calme, pas d'appels à la haine », dénonce-t-elle.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Sophie Rohonyi appelle Ecolo à recadrer ses élues après leurs propos sur les casseurs et la police, dans le sillage des violences du 17 octobre à Bruxelles.
Les réactions politiques aux violences du 17 octobre continuent de provoquer de vives tensions à Bruxelles. Après les dégradations commises contre le siège de la fédération bruxelloise du Parti socialiste, plusieurs prises de position d'élues Ecolo ont suscité l'indignation d'autres responsables politiques. Cette fois, c'est Sophie Rohonyi, présidente de DéFI, qui interpelle directement la direction du parti écologiste.
« J'appelle le coprésident d'Ecolo à recadrer ses élues qui ont pris parti pour les casseurs et minimisent la détresse de leurs victimes, tout en mettant une cible dans le dos de l'ensemble des policiers », écrit-elle sur X. Et elle conclut : « Nous avons besoin d'appels au calme, pas d'appels à la haine. »
J’appelle le coprésident d’@Ecolo à recadrer ses élues qui ont pris parti pour les casseurs et minimisent la détresse de leurs victimes, tout en mettant une cible dans le dos de l’ensemble des policiers.
— Sophie Rohonyi (@SophieRohonyi) October 19, 2026
Nous avons besoin d’appels au calme, pas d’appels à la haine.#LigneRouge pic.twitter.com/tbPpaKh3wI
Des casseurs dénoncés, des policiers mis en accusation
La polémique trouve son origine dans les violences survenues samedi à Bruxelles, lorsque le siège de la fédération bruxelloise du PS a été pris pour cible et que plusieurs vitres ont été brisées.
Ahmed Laaouej, président de la fédération bruxelloise socialiste, avait dénoncé les agissements d'une « minorité d'écervelés ». Une condamnation à laquelle la députée écologiste Margaux De Ré avait répondu sur Instagram par une mise en cause des forces de l'ordre.
« J'imagine que vous ciblez les casseurs en uniforme qui agissent sous l'autorité de votre bourgmestre et qui sont occupés à casser des jeunes mineurs », avait-elle écrit, visant les policiers placés sous l'autorité du bourgmestre socialiste de Bruxelles, Philippe Close.
Cette réaction avait déjà provoqué la colère d'Ahmed Laaouej, qui avait qualifié le commentaire d'« odieux » et demandé à la direction d'Ecolo de prendre ses responsabilités.
Le ministre de l'Intérieur Bernard Quintin (MR) avait également dénoncé les propos de la députée écologiste, l'accusant d'avoir choisi « le camp des émeutiers ».
Rajae Maouane dénonce les vitrines brisées… et défend les manifestants
Une autre prise de position alimente désormais les critiques. Dans une story Instagram, Rajae Maouane relaie un message accusant la police bruxelloise d'avoir utilisé la technique de la nasse, présentée dans cette publication comme illégale. L'élue écologiste accompagne ce partage d'une attaque contre ceux qui dénoncent les dégradations.
« Mais que ces gens continuent à s'indigner pour les vitrines cassées et leurs familles », écrit-elle, avant d'ajouter qu'il serait plus important, selon elle, de dénoncer les violences commises contre des enfants par la police.
La députée affirme ainsi que des mineurs auraient été frappés et matraqués sur ordre de bourgmestres socialistes.
Le contraste entre les priorités exprimées par les responsables politiques est au cœur de la controverse : là où certains dénoncent d'abord les attaques contre les commerces et les institutions, plusieurs élues écologistes mettent l'accent sur les interventions policières qu'elles jugent disproportionnées.
Gilles Vanden Burre condamne pourtant les attaques contre les symboles démocratiques
La polémique est d'autant plus sensible que le coprésident d'Ecolo, Gilles Vanden Burre, a lui-même tenu un discours condamnant explicitement certaines violences.
Dans une story Instagram, il rappelle que manifester et porter des revendications fortes constitue un droit fondamental, tout en dénonçant le recours aux gaz lacrymogènes contre de jeunes manifestants.
Mais il ajoute que s'attaquer à des symboles démocratiques, « comme une mairie en France ou le siège d'un parti démocratique à Bruxelles doit être fermement condamné. C'est une ligne rouge qui ne peut pas être franchie, en aucun cas », insiste-t-il.
Une position qui distingue clairement le droit de manifester des actes de vandalisme, mais qui ne suffit manifestement pas à éteindre les critiques dirigées contre les autres responsables de son parti.
Sophie Rohonyi réclame une clarification
En demandant à Ecolo de « recadrer ses élues », Sophie Rohonyi place désormais la responsabilité politique de ces déclarations au niveau de la direction du parti.
Son intervention prolonge les critiques déjà formulées par Ahmed Laaouej et Bernard Quintin, mais insiste particulièrement sur les conséquences des accusations généralisées contre les policiers.
La question posée à Ecolo est désormais celle de la cohérence de son discours : comment condamner fermement les dégradations contre les institutions démocratiques tout en laissant plusieurs de ses élues tenir des propos que leurs adversaires interprètent comme une minimisation des violences ?