Xi chez Kim : la Corée du Nord revient au centre du jeu mondial
Xi Jinping est arrivé à Pyongyang pour sa première visite en Corée du Nord depuis sept ans. Le déplacement intervient alors que Kim Jong-un affiche ses ambitions nucléaires, renforce ses liens avec Moscou et semble avoir redonné à son régime une marge économique inattendue.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Xi Jinping se rend en Corée du Nord pour rencontrer Kim Jong-un, alors que Pyongyang renforce son arsenal nucléaire et profite de ses liens avec Moscou.
C’est une visite rare, et elle ne doit rien au hasard. Xi Jinping est arrivé à Pyongyang pour son premier déplacement en Corée du Nord depuis sept ans. Le président chinois doit y rencontrer Kim Jong-un, à un moment où le régime nord-coréen affiche une confiance nouvelle, nourrit ouvertement ses ambitions nucléaires et profite d’un rapprochement spectaculaire avec la Russie de Vladimir Poutine.
Officiellement, il s’agit de resserrer les liens entre deux alliés historiques. En réalité, le voyage de Xi Jinping révèle surtout le retour de la Corée du Nord au centre d’un jeu stratégique où se croisent Pékin, Moscou, Washington, Séoul et Tokyo. Longtemps présenté comme un régime isolé, ruiné et sous sanctions, Pyongyang apparaît aujourd’hui comme un acteur beaucoup moins marginal qu’il ne l’était encore il y a quelques années.
Le moment choisi est révélateur. Quelques jours avant l’arrivée du président chinois, Kim Jong-un a réaffirmé sa volonté d’accroître « exponentiellement » l’arsenal nucléaire nord-coréen. Sa sœur, Kim Yo Jong, a ajouté que le statut nucléaire du pays constituait une limite « absolue et inviolable ». Autrement dit, Pyongyang ne veut plus négocier sa dénucléarisation, mais la reconnaissance de son nouveau rang.
La Chine veut reprendre la main
Pour Pékin, cette évolution est à la fois utile et embarrassante. Utile, parce que la Corée du Nord demeure un verrou stratégique face aux États-Unis, à la Corée du Sud et au Japon. Embarrassante, parce que Kim Jong-un n’agit pas en simple vassal de la Chine.
Depuis la guerre en Ukraine, le dirigeant nord-coréen a considérablement renforcé ses liens avec Moscou. Pyongyang a fourni des armes à la Russie et envoyé des milliers de soldats soutenir l’effort de guerre russe. En échange, la Corée du Nord aurait obtenu des revenus importants, mais aussi des technologies militaires, des matériaux stratégiques et un soutien politique précieux.
Pour continuer la lecture, abonnez-vous ou utilisez un crédit.
Déjà abonné(e) ? Se connecter