62 % des sondés jugent le niveau général des dépenses publiques trop élevé
Selon un sondage Cluster17 réalisé pour RTL info, les Belges francophones dressent un constat sévère sur les finances publiques du pays. Gouvernements fédéraux récents, anciennes majorités, entités fédérées et crises extérieures sont tous jugés largement responsables de la dégradation budgétaire.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Selon un sondage RTL-Cluster17, 62 % des Belges francophones jugent les dépenses publiques trop élevées et attribuent la dégradation des finances à l’ensemble des gouvernements.
Les Belges francophones n’épargnent presque personne lorsqu’il s’agit d’identifier les responsables de l’état des finances publiques. Selon un sondage Cluster17 réalisé pour RTL Belgium auprès de 1.079 Belges francophones âgés de 18 ans et plus, dont 213 Bruxellois, les gouvernements successifs, à tous les niveaux de pouvoir, sont massivement pointés du doigt.
L’enquête, publiée par RTL info dans le cadre de son opération « Belgique, la faillite », montre d’abord une défiance très nette envers les gouvernements fédéraux en place depuis 2014. Ils sont 95 % des répondants à leur attribuer une part de responsabilité importante dans la dégradation des finances publiques. Un chiffre quasi unanime, qui traverse les catégories d’âge, de genre et d’opinion politique.
Mais la sévérité du jugement ne s’arrête pas aux majorités les plus récentes. Les gouvernements d’avant 2014 sont eux aussi tenus pour largement responsables par 92 % des sondés. Autrement dit, les francophones interrogés ne lisent pas la dérive budgétaire comme le produit d’un seul gouvernement ou d’une seule législature, mais comme le résultat d’une accumulation de choix politiques.
Les entités fédérées sont également visées. Les gouvernements régionaux et communautaires sont jugés responsables par 91 % des répondants. Les crises extérieures, pandémie, guerre ou flambée des prix de l’énergie, sont citées par 89 % des sondés, mais elles ne suffisent manifestement pas à exonérer les responsables politiques belges.
L’autre enseignement marquant du sondage porte sur le niveau des dépenses publiques. 62 % des répondants estiment qu’il est trop élevé. Cette perception varie fortement selon les sensibilités politiques : elle atteint 85 % chez les électeurs MR, mais tombe à 31 % chez les votants PTB et à 17 % chez les électeurs Ecolo.
Ces résultats confirment une inquiétude profonde sur la trajectoire budgétaire du pays. Ils traduisent aussi une forme de lassitude à l’égard d’un système institutionnel où chaque niveau de pouvoir peut invoquer la responsabilité des autres, sans que les citoyens aient le sentiment qu’une réponse claire soit apportée à l’endettement public.