À Cambridge, les hommes et les femmes disparaissent des toilettes : place aux « cabines » et « cabines/urinoirs »
À King’s College, des toilettes ne sont plus indiquées « hommes » ou « femmes », mais « cabines » et « cabines/urinoirs ». Une signalétique héritée des années les plus militantes de Cambridge qui paraît singulièrement décalée au moment où le droit britannique tourne la page des excès de 2020.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
À King’s College Cambridge, des toilettes sont signalées « cubicles » et « cubicles/urinals ». Une pratique héritée de 2018 qui persiste alors que le droit britannique et même une partie de la gauche américaine ont tourné la page de la rhétorique de 2020.
Il fallait probablement plusieurs siècles d’excellence universitaire pour parvenir à cette découverte : un homme n’est plus nécessairement un homme, une femme n’est plus nécessairement une femme, mais un urinoir demeure, lui, suffisamment objectif pour être inscrit sur une porte.
À King’s College, l’un des établissements les plus prestigieux de Cambridge, des sanitaires situés près du bar principal ne sont plus signalés par les familiers « Men » et « Women », mais par deux catégories d’une précision toute administrative : « Cubicles » d’un côté, « Cubicles/Urinals » de l’autre. On peut traduire en français ça par cabines et cabines/urinoirs.
Les toilettes n’ont donc plus de sexe. Leur plomberie, si. La signalétique révélée mardi par le Telegraph pourrait n’être qu’une curiosité de campus. Elle raconte pourtant assez bien l’étrange sophistication intellectuelle à laquelle certaines institutions ont eu recours au cours de la décennie passée pour éviter d’inscrire deux mots devenus politiquement sensibles sur une porte.
King’s précise que ces panneaux existent depuis plusieurs années et que le collège propose par ailleurs différents types de sanitaires, masculins, féminins et mixtes. Il ne s’agit donc pas d’affirmer que l’établissement aurait supprimé partout les toilettes séparées.
Mais les termes choisis ne doivent rien au hasard. Ils reprennent une recommandation formulée dès 2018 par le groupe LGBT+ de l’association étudiante de Cambridge, qui encourageait ce type de dénomination et relevait déjà avec satisfaction que King’s avait rendu certains sanitaires neutres du point de vue du sexe.
L’idéologie change, l’urinoir reste
Le résultat possède quelque chose d’assez irrésistible. Pour effacer la distinction entre hommes et femmes, il faut tout de même avertir les utilisateurs que l’un des deux locaux contient des urinoirs. Autrement dit, la réalité que la signalétique refuse de nommer directement réapparaît immédiatement sous la forme de l’appareil sanitaire qui lui correspond le plus manifestement.
La complication est pourtant censée rendre l’espace plus inclusif.
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