Army of Nature : l'association belge qui lutte contre le braconnage des rhinocéros en Afrique du Sud
Créée en Belgique, l'association Army of Nature a fait de la lutte contre le braconnage l'une de ses principales missions. Active notamment en Afrique du Sud, elle soutient les wildlife rangers, sensibilise le public à la protection de la biodiversité et mise sur l'écotourisme pour contribuer à la préservation des rhinocéros.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Fondée en Belgique, Army of Nature lutte contre le braconnage en soutenant les wildlife rangers et en sensibilisant le public à la protection des rhinocéros et de la biodiversité.
Fondée en Belgique en 2020 par Alex Mylo et Geoffrey Van Hecke, chef de groupe MR à Berchem-Sainte-Agathe, l'association Army of Nature s'est fixé un objectif ambitieux : sensibiliser le grand public à la protection de la biodiversité tout en apportant un soutien concret aux gardiens de réserves naturelles confrontés au braconnage. D'abord créée comme média de sensibilisation, l'organisation affirme avoir progressivement développé des actions de terrain et être aujourd'hui présente dans sept pays, même si l'essentiel de ses missions se déroule en Afrique du Sud.
Le choix de ce pays n'est pas anodin. L'Afrique du Sud abrite près de trois quarts des rhinocéros à deux cornes de la planète, mais reste également l'un des principaux foyers du braconnage. La valeur de la corne de rhinocéros sur le marché noir, qui peut atteindre plusieurs dizaines de milliers de dollars le kilogramme, alimente un trafic international principalement destiné à certains marchés asiatiques, où elle est encore utilisée dans la médecine traditionnelle ou comme symbole de prestige.
Pourtant, aucune étude scientifique n'a démontré l'existence de propriétés thérapeutiques de la corne. Constituée essentiellement de kératine, comme les cheveux ou les ongles humains, elle peut être coupée sans douleur pour l'animal et repousse naturellement.
Une lutte qui dépasse la seule répression
Face à cette pression, plusieurs réserves sud-africaines ont adopté une stratégie controversée : l'écornage préventif.
L'objectif consiste à retirer la corne afin de rendre l'animal moins intéressant pour les braconniers. Selon les données communiquées par le parc national Kruger, cette pratique aurait contribué à une diminution importante du braconnage dans certaines zones ces dernières années.
Le débat reste toutefois ouvert. Certains spécialistes plaident pour une légalisation encadrée du commerce des cornes issues d'animaux vivants, estimant qu'elle pourrait assécher le marché noir et financer la conservation des espèces. D'autres craignent au contraire qu'une telle mesure stimule la demande et facilite le blanchiment de cornes provenant du braconnage.
Soutenir ceux qui protègent la faune
Au-delà de la sensibilisation, Army of Nature concentre une partie de son action sur le soutien aux wildlife rangers, ces gardiens chargés de protéger les réserves naturelles.
Dans certaines régions, ils sont confrontés à des réseaux criminels lourdement armés, disposant parfois de matériel de vision nocturne ou d'équipements sophistiqués. L'association indique utiliser les dons, les partenariats, la vente de publications et l'organisation d'écosafaris pour financer du matériel destiné à ces équipes.
Elle évoque également le recours croissant à des technologies de pointe, comme la géolocalisation de rhinocéros au moyen de puces intégrées dans leurs cornes, afin de permettre une intervention plus rapide en cas de menace.
Miser aussi sur l'écotourisme
L'association défend enfin le développement d'un écotourisme qu'elle qualifie de responsable.
Selon ses fondateurs, la protection de la biodiversité ne peut être durable que si les populations locales y trouvent également un intérêt économique. Les revenus générés par le tourisme permettent de financer les réserves naturelles, de créer des emplois et de renforcer les moyens des gardiens chargés de lutter contre le braconnage.
Pour Army of Nature, préserver la faune sauvage ne relève donc pas uniquement de la protection des animaux, mais aussi de la préservation d'un patrimoine naturel dont dépend une partie de l'économie locale.