Au Bourget, Mélenchon revendique sa radicalité: « À bas la résignation des battus d'avance ! »
Jean-Luc Mélenchon a réuni ses troupes pour un meeting au Bourget. Il a critiqué ceux qui partaient "battus d'avance". Aux commentateurs qui lui conseillent de mettre de l'eau dans son vin pour tenter de rassembler plus largement, il répond : "Je ne le ferai pas".
Publié par J.PE
Devant 17.000 à 20.000 militants réunis ce samedi au Parc des expositions du Bourget, en Seine-Saint-Denis, Jean-Luc Mélenchon a officiellement donné une nouvelle dimension à sa campagne présidentielle. Refusant de se montrer moins clivant, le leader de La France insoumise a multiplié les attaques contre ses adversaires politiques, dénoncé le système économique et promis de mener le combat jusqu'à la victoire en 2027.
Jean-Luc Mélenchon n'entend visiblement pas changer de méthode. Ce samedi 7 novembre, devant une foule de militants réunis au Bourget, le chef de file de La France insoumise a choisi de faire de sa radicalité un argument politique à part entière.
« À bas la résignation des battus d'avance ! », a-t-il lancé à ses partisans, dans un discours résolument tourné vers la prochaine élection présidentielle.
Alors que plusieurs commentateurs estiment que son positionnement particulièrement clivant pourrait constituer un obstacle à une victoire au second tour, notamment face à Marine Le Pen, Mélenchon a clairement écarté toute stratégie de modération.
« D'autres commentateurs me recommandent de mettre de l'eau dans mon vin pour séduire et être moins clivant. Je ne le ferai pas », a-t-il affirmé. Avant d'ajouter : « Nous allons nous battre jusqu'à la dernière seconde et à la fin, nous allons gagner. »
Le message est clair : le candidat insoumis ne souhaite pas adapter son discours pour élargir artificiellement son audience. Il entend au contraire mobiliser son socle militant autour d'une ligne politique qu'il revendique sans concession.
L'intelligence artificielle, nouvelle cible de Mélenchon
Parmi les sujets abordés au cours de son intervention, l'intelligence artificielle a occupé une place importante. Jean-Luc Mélenchon a notamment mis en garde contre les conséquences économiques de la bulle d'investissement dans ce secteur.
« La bulle des investissements dans l'intelligence artificielle, qui éclate déjà en ce moment même. Tout cela va effondrer le système financier international », a-t-il déclaré.
Le leader de LFI a profité de cette prise de position pour appeler au démantèlement de ce qu'il considère comme les structures dominantes du système économique actuel.
« Pendant cette crise, et dès maintenant, il faut démanteler les citadelles. Toutes les citadelles de ce système pourri ! », a-t-il lancé.
Une analyse économique particulièrement alarmiste, qui s'inscrit dans la critique récurrente du capitalisme financier portée par La France insoumise.
Une attaque frontale contre la droite
Le candidat insoumis a également consacré une partie de son discours à ses adversaires politiques, et plus particulièrement aux formations de droite. Il leur reproche de défendre des recettes économiques libérales qui, selon lui, auraient contribué à aggraver les difficultés économiques et sociales du pays.
Mélenchon a notamment attaqué les responsables politiques qui lui reprochaient auparavant de vouloir creuser le déficit public.
« Vous allez faire 100 milliards de déficit ! », a-t-il rappelé, en reprenant les critiques qui lui avaient été adressées lors d'une précédente campagne présidentielle.
Avant de lancer cette pique : « Ils en ont fait 1.200 milliards et personne n'en a vu la couleur. » Une manière de retourner contre ses adversaires les accusations de mauvaise gestion budgétaire et de faire de la dette publique un nouvel axe d'attaque de sa campagne.