Au Canada, un chien élu maire promet davantage de bornes d'incendie
À Kitimat, en Colombie-Britannique, un labradoodle nommé Gus vient de remporter une élection municipale pas comme les autres. Son programme promettait notamment davantage de bornes d'incendie et de sacs pour déjections canines. Derrière cette campagne insolite, une initiative pour lutter contre l'abstention.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Au Canada, Gus, un labradoodle, a remporté une élection de maire canin à Kitimat. Une initiative insolite destinée à lutter contre l'abstention.
La politique canadienne tient son nouveau champion. Il s'appelle Gus, porte volontiers le nœud papillon et possède quatre pattes. Ce labradoodle australien vient de remporter la première élection de « maire canin » organisée à Kitimat, une petite ville industrielle de Colombie-Britannique.
Avec 569 voix contre 435 pour son adversaire Koko, Gus a remporté une victoire confortable. Son programme électoral ne manquait pas d'ambition : davantage de bornes d'incendie, « pour des raisons évidentes », et une meilleure distribution de sacs pour déjections canines dans les parcs. « Ensemble, nous construirons un avenir meilleur et plus poilu », promettait le candidat dans sa profession de foi publiée sur le site de la municipalité.
Face à lui, Koko défendait une vision concurrente. Se présentant comme une « dirigeante canine forte », elle promettait des journées réservées aux chiens à la piscine municipale et des sirènes d'urgence plus respectueuses des oreilles animales.
Les électeurs ont tranché. Gus exercera désormais, pendant quatre ans, les fonctions purement honorifiques de maire canin, aux côtés du véritable maire de Kitimat.
Une véritable urne pour les électeurs à quatre pattes… et leurs maîtres
Derrière cette plaisanterie électorale se cache une préoccupation sérieuse : la désaffection des habitants pour la vie politique locale.
Lors des précédentes élections municipales, la participation était tombée à environ 22 %. Pour tenter de réveiller l'intérêt des citoyens, les autorités ont donc imaginé une campagne électorale à quatre pattes.
Les deux candidats ont visité des écoles au mois de mai et participé au défilé de la fête nationale canadienne, le 1er juillet. Certains enfants ont dessiné des affiches électorales, tandis que d'autres débattaient des programmes avec leurs parents.
Le 17 octobre, jour des véritables élections municipales, une urne spéciale permettait aux habitants de tous âges de choisir leur candidat canin préféré.
L'opération semble avoir rencontré un certain succès : la participation au scrutin municipal est remontée à environ 32 %, selon le journal local Interior News.
Des animaux élus avant lui
Gus rejoint une étonnante galerie d'animaux entrés, à leur manière, dans l'histoire politique. En Californie, Bosco, un croisement de labrador et de rottweiler, avait été désigné maire honorifique de Sunol en 1981, après avoir battu deux candidats humains. Il conserva cette distinction pendant treize ans.
Au Texas, une chèvre baptisée Clay Henry s'était fait connaître pour son goût immodéré de la bière. Au Brésil, en 1959, une rhinocéros nommée Cacareco avait recueilli plus de 100.000 voix lors d'un scrutin municipal à São Paulo, exprimant à sa manière le mécontentement des électeurs.
Gus, lui, n'aura ni budget à gérer ni conseil municipal à présider. Mais dans une ville où l'abstention était devenue préoccupante, le nouveau maire canin a peut-être déjà rempli l'essentiel de sa mission : rappeler aux habitants que voter peut aussi être une affaire réjouissante.