Bernard Quintin : le narcotrafic, une « urgence nationale »
Le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin fait le point sur les fusillades et le trafic de drogue à Bruxelles.
Publié par Philippe Lamair
Résumé de l'article
Le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin fait le point sur les fusillades et le trafic de drogue à Bruxelles.
Le Ministre de l’Intérieur Bernard Quintin a accordé un long entretien à 21News. L’occasion de faire le point sur le dossier des fusillades et du trafic de drogue à Bruxelles et de lui poser des questions au lendemain de l’incendie qui a ravagé les fagnes sur la gestion de cette catastrophe.
21News : À peine nommé, vous avez été directement confronté au problème des fusillades liées aux narcotrafics. À Bruxelles, pas moins de 60 fusillades en 8 mois. Qu’est-ce qui a changé depuis que vous êtes en charge de l’Intérieur ?
Bernard Quintin : Je dirais que la première chose qui a changé, c’est l’appréhension du phénomène. De fait, comme vous le disiez, moins de 48 heures après ma prestation de serment, j’étais confronté à une première fusillade à Clémenceau et je n’ai pas décidé de faire comme si ce n’était pas grave, pas important, que c’était un épiphénomène. J’ai d’emblée dit, attention, la lutte contre le crime organisé lié au narcotrafic, et c’est dans l’accord de gouvernement, ça doit être notre priorité.
Donc déjà, j’ai tout de suite pris non seulement l’ampleur du phénomène, mais j’ai directement communiqué sur le fait en disant oui, c’est un problème et nous devons le prendre à bras-le-corps. Je ne dis pas que personne ne l’avait fait avant moi, mais je pense que de le mettre comme ça sur la table en disant c’est un problème et ça va être un combat de longue haleine. La guerre contre le narcotrafic est une guerre que nous ne pouvons pas perdre et pour ne pas la perdre, il faut mener chaque combat à tous les niveaux. C’est la première chose.
La deuxième chose, j’ai entamé un certain nombre de réformes, entre autres celle de la police fédérale, la fusion des zones de police, en redessinant l’architecture de sécurité. Alors on va me dire, est-ce que ça donne des solutions directement sur le terrain ? Pas tout à fait. Mais si on ne fait que des actions ponctuelles sur le terrain, sans regarder aussi le moyen et le long terme, c’est-à-dire comment est-ce qu’on met en ordre le fonctionnement de nos services de sécurité au sens large ? Alors on va vite courir comme un poulet sans tête après chaque crise sans avoir une vision à long terme.
Donc il faut évidemment faire les deux. Mais la fusion des zones de police, et en commençant par Bruxelles, c’est aussi un des éléments. Dès la rentrée dernière, donc dès fin août, début septembre 2025, j’ai mis sur la table et on a mis en action un plan grande ville avec des renforts aussi fédéraux et un certain nombre d’actions coup de poing qui ont été menées dans les sept grandes villes du pays.
Pour continuer la lecture, abonnez-vous ou utilisez un crédit.
Déjà abonné(e) ? Se connecter