Crise à Ceuta : « Nous ne revivrons pas 2015 » prévient le Premier ministre suédois
Face à la crise migratoire qui frappe Ceuta, le Premier ministre suédois Ulf Kristersson appelle l'Espagne à reprendre rapidement le contrôle de sa frontière. En évoquant les erreurs commises lors de la crise de 2015, il affirme que son gouvernement est prêt à agir pour protéger la Suède si la situation venait à se dégrader.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Le Premier ministre suédois Ulf Kristersson réagit à la crise migratoire de Ceuta et avertit que la Suède est prête à agir pour éviter un nouveau scénario comparable à celui de 2015.
La crise migratoire qui secoue l'enclave espagnole de Ceuta inquiète désormais jusqu'au nord de l'Europe. Le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson, a appelé Madrid à reprendre rapidement le contrôle de la situation, tout en avertissant que Stockholm était prêt à prendre les mesures nécessaires si cette vague migratoire venait à affecter la sécurité ou les flux migratoires vers la Suède.
Dans un message publié sur X, le chef du gouvernement souligne qu'il est « important que l'Espagne agisse rapidement pour reprendre le contrôle de la situation et respecte ses engagements dans le cadre de Schengen ». Il ajoute que le gouvernement suédois est prêt à agir si l'évolution de la situation menace « la sécurité ou la situation migratoire de la Suède ».
Det är viktigt att Spanien agerar skyndsamt för att återfå kontroll över situationen och uppfylla sina åtaganden inom Schengensamarbetet. Om utvecklingen skulle riskera att påverka Sveriges säkerhet eller migrationssituation är regeringen beredd att vidta de åtgärder som krävs…
— Ulf Kristersson (@SwedishPM) July 31, 2026
Le traumatisme de la crise de 2015
Le message de Kristersson fait explicitement référence à la crise migratoire de 2015, lorsque plus de 160.000 demandeurs d'asile avaient été accueillis par la Suède en une seule année. Rapporté à sa population, il s'agissait de l'un des plus importants afflux de migrants enregistrés en Europe.
À l'époque, le gouvernement social-démocrate de Stefan Löfven avait d'abord adopté une politique d'ouverture avant de revenir rapidement sur cette ligne face à la saturation du système d'accueil, aux difficultés d'intégration et à la pression croissante sur les services publics. Les contrôles aux frontières avaient finalement été réintroduits et les conditions d'accueil considérablement durcies.
Une politique migratoire profondément transformée
Depuis lors, la politique migratoire suédoise a connu un profond changement. Arrivé au pouvoir en 2022 avec le soutien des Démocrates de Suède, Ulf Kristersson a fait de la réduction de l'immigration l'une des priorités de son gouvernement.
Le gouvernement socialiste espagnol ne doit pas faire la même erreur que les sociaux-démocrates suédois en 2015, où un non n'était pas vraiment un non
Ulf Kristersson
Le Premier ministre estime aujourd'hui que l'Espagne ne doit pas reproduire ce qu'il considère comme les erreurs commises par Stockholm en 2015. « Le gouvernement socialiste espagnol ne doit pas faire la même erreur que les sociaux-démocrates suédois en 2015, où un non n'était pas vraiment un non », écrit-il.
Le chef du gouvernement précise enfin que le ministre suédois des Migrations, Johan Forssell, est déjà en contact avec ses homologues nordiques et n'exclut pas de prendre les mesures nécessaires afin d'éviter qu'une crise comparable à celle de 2015 ne se reproduise.
Une inquiétude qui gagne plusieurs capitales européennes
Les déclarations d'Ulf Kristersson interviennent alors que plusieurs dirigeants européens ont déjà réagi à la situation à Ceuta. Elles illustrent surtout la crainte que la crise migratoire espagnole puisse avoir des répercussions bien au-delà de la péninsule Ibérique, au sein de l'espace Schengen.