La France perd ses millionnaires : en 2025, huit cents d'entre eux ont quitté le pays
La France aurait perdu 800 millionnaires en 2025 selon Henley & Partners. Derrière ce chiffre à manier avec prudence, Bruxelles doit regarder une réalité plus large : le capital mobile arbitre désormais entre fiscalité, stabilité politique et capacité à investir.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Le départ net estimé de 800 millionnaires français en 2025 relance le débat sur la mobilité du capital en Europe. La Belgique instaure elle aussi une taxation des plus-values, tout en cherchant à préserver son attractivité pour les entrepreneurs et les investisseurs.
Huit cents départs nets, sur une population de plusieurs millions de millionnaires en dollars, ne suffisent pas à décrire un exode national. Mais ils suffisent à matérialiser une fragilité politique devenue européenne. Selon les estimations publiées par Henley & Partners pour 2025, la France aurait enregistré une perte nette de 800 détenteurs d’au moins un million de dollars de patrimoine financier investissable. Le chiffre, repris dans le débat français, a aussitôt été converti en une perte présumée de quatre milliards d’euros de capitaux.
Cette seconde évaluation doit être abordée avec davantage de retenue. Elle repose sur une moyenne de capital emporté par personne et non sur une comptabilité publique des transferts effectifs. Surtout, l’indicateur de Henley ne mesure pas une sortie de capitaux au sens de la balance des paiements, ni le déplacement mécanique d’entreprises, d’emplois ou d’investissements productifs. Il mesure une migration nette estimée de personnes fortunées établies au moins six mois dans un autre pays. La nuance est décisive, précisément parce que le débat fiscal tend à transformer des estimations en certitudes politiques.
Pour la Belgique, l’intérêt de cette séquence ne réside donc pas dans une compétition un peu facile avec Paris. Il tient dans la question plus concrète posée à Bruxelles : comment élargir les recettes publiques sans donner le sentiment que l’environnement réglementaire devient imprévisible pour ceux qui créent, financent ou transmettent des entreprises ?
Une mobilité patrimoniale devenue structurelle
La mobilité des grandes fortunes n’est ni un phénomène français isolé ni une conséquence automatique d’un impôt déterminé. Le rapport Henley de juin 2025 annonçait 142.000 relocalisations internationales de millionnaires à l’échelle mondiale, un niveau présenté comme inédit par ses auteurs. Les destinations les plus recherchées combinent généralement fiscalité lisible, sécurité juridique, qualité des infrastructures, stabilité monétaire et possibilités d’investissement. Autrement dit, l’impôt compte, mais il ne résume pas la décision.
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