Eric Brunet "choisit son camp" face aux illusions du droit international
Il y a des moments où le commentaire cesse d’être une simple analyse pour redevenir un choix. Sur le plateau d'LCI, Eric Brunet a précisément opéré ce basculement, en quelques phrases, sèches et désarmantes de franchise.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
— Eric Brunet reconnaît les excès de Donald Trump mais affirme choisir son camp.
— Il critique l’usage incantatoire du droit international, jugé incohérent dans certains cas.
— Son intervention défend une lecture réaliste et assumée des rapports de force internationaux.
Face aux critiques récurrentes visant Donald Trump, le journaliste n’élude rien : il reconnaît ses « outrances verbales, les excès agaçants, parfois même scandaleux ». Mais il tranche. Et tranche sans détour : « je choisis mon camp ».
Le réalisme contre la posture
Ce choix n’est pas un ralliement enthousiaste, encore moins une adhésion aveugle. Il s’inscrit dans une forme de réalisme assumé, presque désenchanté. Brunet ne célèbre pas une figure, il hiérarchise des options. Entre une politique qu’il juge imparfaite mais lisible, et un discours international qu’il perçoit comme désincarné, il opte pour la première.
🗣️ Eric Brunet :
— Bleu Blanc Rouge ! 🇫🇷 (@LBleuBlancRouge) April 17, 2026
« Moi je choisis mon camp. Et je me refuse à dire ‘droit international ! Droit international’ dans tous les sens.
Le droit international, il a nommé à l’ONU la République Islamique à la tête d’une commission sur le droit des femmes. » 👏🏻 pic.twitter.com/FQUL83L2I5
C’est là que son propos se durcit, et devient plus politique que médiatique. Car derrière la figure de Trump, c’est une certaine rhétorique qu’il vise : celle d’un « droit international » invoqué mécaniquement, sans considération pour ses contradictions internes.
Le discrédit du "droit international" incantatoire
La formule est brutale, mais elle frappe : comment invoquer avec gravité le droit international quand celui-ci a pu confier à la République islamique d’Iran une responsabilité au sein d’une commission dédiée aux droits des femmes ? La question, posée sans détour, agit comme un révélateur.
En quelques mots, Brunet met en lumière un décalage devenu difficile à ignorer : entre les principes affichés et certaines réalités institutionnelles. À ses yeux, ce décalage mine la crédibilité même de l’argument.
Son propos ne consiste pas à rejeter en bloc le droit international, mais à refuser son usage incantatoire — cette répétition réflexe, presque liturgique, qui dispense parfois de penser les situations concrètes.
Parier sur le jugement du temps
Enfin, il y a chez Brunet une hypothèse plus audacieuse encore : celle du temps long. Et si, dans quelques années, certaines décisions aujourd’hui décriées apparaissaient sous un jour différent ? Si, une fois dissipées les passions du moment, elles étaient relues comme des inflexions nécessaires ?
La remarque ouvre une perspective plus large : celle d’un jugement différé, moins soumis à l’émotion immédiate.
Au fond, c’est peut-être cela que propose Eric Brunet : non pas une certitude, mais une position. Une manière de rappeler qu’à force de commenter, on oublie parfois de choisir. Et que, dans certaines séquences historiques, ne pas choisir revient déjà à prendre parti.