Flexi-jobs : le Parlement approuve l'extension du système à l'ensemble des secteurs
Le Parlement a adopté l'extension des flexi-jobs à l'ensemble des secteurs de l'économie belge. Défendue par David Clarinval, la réforme vise à faciliter les revenus complémentaires des travailleurs tout en aidant les entreprises confrontées aux pénuries de main-d'œuvre.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Le Parlement approuve l'extension des flexi-jobs à tous les secteurs avec un plafond annuel porté à 18.000 euros.
Le Parlement fédéral a adopté dans la nuit de jeudi à vendredi le projet de loi porté par le vice-Premier ministre et ministre de l'Emploi, David Clarinval, élargissant les flexi-jobs à l'ensemble des secteurs de l'économie belge, sous réserve de certaines restrictions applicables aux professions réglementées.
Cette réforme constitue l'une des principales mesures du gouvernement en matière de marché du travail. Elle vise à permettre aux travailleurs souhaitant exercer une activité complémentaire d'augmenter leurs revenus dans un cadre simplifié, tout en offrant aux entreprises un nouvel outil pour faire face aux pénuries de main-d'œuvre.
Selon les chiffres avancés par le cabinet du ministre, les flexi-jobs continuent de gagner en popularité. Au troisième trimestre 2025, plus de 181.000 travailleurs occupaient un flexi-job en Belgique, pour un total dépassant 212.000 contrats. Entre l'été 2024 et l'été 2025, le nombre de travailleurs concernés a progressé de 16 %, tandis que le nombre d'emplois flexi a augmenté de 17 %.
Le gouvernement souligne également que ces emplois complémentaires ne se substituent pas aux contrats classiques. Les données de l'ONSS indiquent que 83 % des flexi-jobbers disposent déjà d'un emploi principal exercé à plus de 95 % d'un temps plein.
La réforme maintient plusieurs éléments clés du dispositif. La cotisation patronale reste fixée à 28 %, tandis que le plafond annuel de revenus autorisés dans le cadre d'un flexi-job est porté à 18.000 euros.
Le texte conserve également un rôle important pour les partenaires sociaux. Ceux-ci pourront, au niveau sectoriel, encadrer, limiter ou exclure le recours aux flexi-jobs. Dans les secteurs des soins de santé et de l'accueil de l'enfance, des mécanismes permettront également de plafonner leur part dans le volume total de travail.
Le projet apporte par ailleurs plusieurs adaptations techniques. Dans l'horeca, le salaire flexi est désormais fixé à 21 euros de l'heure. Dans les autres secteurs, le plafond salarial de 150 % ne s'appliquera plus qu'au salaire de base, sans inclure certaines primes ou indemnités. Les travailleurs en flexi-job pourront ainsi bénéficier des mêmes suppléments que leurs collègues occupant des postes classiques.
Une évaluation du dispositif est prévue un an après son entrée en vigueur. Pour David Clarinval, cette réforme répond à une évolution des attentes du monde du travail. « Beaucoup de personnes souhaitent aujourd'hui combiner plusieurs activités, travailler davantage à certaines périodes ou poursuivre une activité après la retraite. Notre rôle est de leur offrir un cadre légal, transparent et équilibré », affirme le ministre.
Le gouvernement estime que cette extension permettra à la fois de soutenir le pouvoir d'achat des travailleurs, d'offrir davantage de flexibilité aux entreprises et de contribuer à résorber les difficultés de recrutement rencontrées dans plusieurs secteurs de l'économie belge.